‹ Future pretresChapitre 55 sur 94 · LA DIRECTION IU'.S AMES DOUTEUSES · texte numérisé non relu

LA DIRECTION IU'.S AMES DOUTEUSES

au juste? Ta; fois en si peu tic choses... parfois en îles choses si étrangères à l'impureté... Bien habile qui, sans poser des questions révélatrices, aura des certitudes. Il faudrait pour forcer l'enfant à préciser lui apprendre les conditions qui constituent l'acte coupable : ce serait se faire l'artisan du mal, induire l'âme en tentation... hypothèse que le rôle même du confesseur lui interdit d'envisager. Mieux vaut ignorance que science corruptrice : la seule ressource est de se contenter d'une connaissance moins parfaite sur la nature de la faute, jusqu'au jour, aussi proche que possible, où les circonstances permettront d'obtenir des précisions et de fournir celles qui seront nécessaires. Ce manque de netteté n'empêchera pas d'ailleurs le confesseur de donner des avertissements suffisamment pressants, des directions très fermes pour éveiller la défiance de l'enfant contre les dangers possibles — et souvent hélas ! probables — de l'impureté, afin d'empêcher ces débutantes faiblesses de s'aggraver.

Toutes les âmes ne sont pas aussi naïves, et souvent le prêtre voit avec certitude que l'accusation du pénitent n'est aucunement détournée de sa signification. Mais ici nouvelles angoisses. Quelle est la nature et la gravité de ces fautes d'ianpureté ? L'enfant dont la conscience est délicate ne s'inquiète-t-il pas d'actes peu ou mal consentes, passagers, qui ne constituent pas la chute mortelle et encore moins l'habitude vicieuse ? Ou bien, au contraire, ce pénitent n'est-il pas la proie de ces coutumes mauvaises, qu'il ne sait encore accuser que par des mots pas assez nets ?... |Le confesseur ne peut sans danger exiger des précisions directes :

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il courrait le risque de révéler à ces âmes tentées l'existence de pratiques perverses qu'elles ne soupçonnent peut-être pas et dont probablement elles n'auraient pas la force de s'abstenir si elles les connaissaient. Ici encore la sagesse impose un tact et une d-élicafeessa extrêmes. Le confesseur posera des questions discrètes et prudentes : par interrogations habiles sur le temps, le lieu, les circonstances, la (manière, la fréquence... il essayera d'arriver à une science suffisante sur l'état de cette petite âme. Mais si l'enfant, d'un caractère fermé, répond mal et sans clarté, si, comme il arrive souvent, il se contredit, de bonne foi d'ailleurs, au cours de la même conversation, le confesseur dérouté sera bien obligé de remettre à plus tard d'être fixé. En attendant la lumière, il entreprendra contre les faiblesses avouées, de quelque importance qu'elles soient en réalité, une lutte sans merci. Par ses insistances et ses douces exigences, il obtiendra de si fermes convictions contre tout ce qui apparaît comme impureté, une telle organisation de la piété, et un ensemble de mesures préventives si bien ordonnées, que ces accusations troublantes diminueront peu à peu et souvent finiront par disparaître. Pour avoir travaillé dans la nuit, le directeur n'en aura pas moins, avec la grâce de Dieu, atteint le but souhaité et sauvé une âme — et peut-être une Ame de « futur prêtre » — du plus grand des périls intérieurs qui pouvaient la menacer.

Le succès n'est pas toujours aussi facile : à côté de ces consciences troublées, mais encore vaillantes, le confesseur rencontre les cœurs ulcérés de ces pauvres enfants qui, trompés par un mau-

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