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VIVAIS CAMARADE

ces signes extérieurs : alors il a chance de se poursuivre. La confiance est captée ; la victime enlacée ne saura que mollement se débattre. IL lui faudra commencer par promettre le silence, en jurant tic ne révéler ce qu'elle va apprendre ni à sa famille, ni à ses professeurs, ni à son confesseur. Quelque» fois ce serment effraye certains enfants loyaux et leur ouvre les yeux. Ils reconnaissent à cet amour des ténèbres un agent de l'enfer, et courent avertir leur mère ou leur directeur de leur terrible décou- . .Malheureusement beaucoup d'autres, trop naïfs ou séduits par l'attrait puissant du mystère, ne peuvent pas ou ne veulent pas savoir à qui ils ont affaire...

Alors le pervertisseur parle librement et enseigne le vice... Si encore il s'arrêtait aux démonstrations verbales... Mais quelquefois il tente de passer aux sinistres expériences de la corruption elîective et pratique. Le loup à ce moment a dévoré l'agneau...

Quels moyens possèdent les éducateurs pour préserver leurs enfants du contact de ces dévoyés ? Dl-ux surtout : surveiller leurs élèves pour écarter d'eux le péril ; leur donner de solides convictions pour qu'ils aient la force de rejeter le séducteur, au cas où il viendrait à les approcher.

La nécessité d'un contrôle perpétuel n'échappe à aucun de ceux qui ont la charge des petites âmes, surtout de celles des « futurs pré! Les >. Mais si le fait de la surveillance ne manque pas, la qualité n'en est pas toujours égale. Sous les yeux grand-

ouverts de lel maître se commet quelquefois une infraction que les délinquants n'oseraient pas se permettre sous les yeux à demi-fermes de tel autre. Le second devine à des signes imperceptibles des intentions que le premier ne sait pas lire sur des visages qui ne cherchent même pas à les dissimuler.

La honne volonté du maître lui suffit généralement à obtenir un ordre extérieur et apparent, mais pour sauvegarder l'ordre intérieur et caché, qui est la condition de la paix des âmes, il doit posséder à un haut degré la « psychologie de l'adolescence ». C'est toute une science à acquérir par de longues et sagaces observations, mais dont la possession assure des triomphes. On admire sans réserve l'illustre Fabre, penché sur les insectes pour en étudier les moeurs : combien ne devrait-on pas encourager ceux qui consacrent leur existence à pénétrer les secrets replis de l'âme enfantine ? Si le surveillant connaît à fond toutes les difficultés intimes que rencontrent les jeunes gens à l'âge de la puberté, leurs illusions, leurs déceptions, leurs souffrances ; si, d'après l'attitude extérieure, l'ardeur au travail, qui croît ou mollit, les regards francs ou fu}ants, il sait analyser les impressions cachées ; s'il a le talent d'apprécier à leur juste valeur les prévenances que chacun lui manifeste, discernant ce qu'il y rentre de naturel ou de feint ; s'il possède ce sens affiné qui éveille en lui méfiance ou confiance dès les premiers rapports ; s'il a des ruses du mauvais camarade un tel ilair qu'aucune ne saurait le prendre au dépourvu ; enfin, si, pour ne pas être à charge à son petit monde, il s\ n fait aimer en ne comprimant pas outre mesure

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