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LES DIVERTISSEMENTS MONDAINS

Sans grande difficulté, le désœuvrement est ainsi vaincu par le zèle intelligent. Mais dans toutes les paroisses les prêtres n'ont pas autant de temps à consacrer à leurs séminaristes : ils sont accablés par les charges du ministère. Alors naturellement se présente à eux un autre moyen d'arracher le « futur prêtre » au désœuvrement, c'est de se faire aider par lui. Le patronage de vacances se réunit probablement chaque jour : voilà un champ d'apostolat tout indiqué. Peut-être le curé ou le vicaire viennent-ils de découvrir de jeunes recrues pour le sacerdoce, auxquelles il s'agit de faire commencer le latin : est-ce que l'humaniste distingué, le brillant rhétoricien ne peut pas débrouiller ces débutants ? Et la « schola », les chants pour la mi-août, ne méritenî-ils pas qu'on leur consacre des soins spéciaux ? Et les cérémonies ne seront-elles pas plus belles que jamais si l'on exerce les enfants de chœur à remplir liturgiquement leur rôle, comme on le fait au Petit-Séminaire ?

Le désœuvrement est un mal inconnu des « futurs prêtres » en vacances, toutes les fois qu'ils savent prendre le presbytère pour le centre de leur vie de séminariste, comme il sera plus tard celui de leur existence sacerdotale.

Le fardeau du désœuvrement, si lourd sur certaines épaules, semble être réservé aux écoliers en vacances dont les parents n'ont pas le moyen de procurer à leurs enfants les plaisirs d^une villégiature. Ceux- d'entre les « futurs prêtres » qui par-

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tent, aussitôt les prix, à la mer ou à la montagne ne sont guère exposés a l'ennui. Mais s'ils sont tirés du terrible danger de l'oisiveté, c'est pour être exposés à un autre péril non moins à craindre, celui des divertissements mondains.

Le collégien pieux et recueilli d/habitude, eongréganiste édifiant, part avec sa famille au chalet estival dans la station balnéaire ou thermale accoutumée. Il emporte plein son cœur de résolutions de piété, de fidélité au règlement que son directeur lui a tracé, de travail pour exécuter soigneusement ses devoirs. Mais à peine débarqué du train ou de l'auto, il voit surgir des difficultés. Les voisins et amis sont déjà accourus : en quelques instants ils ont pris rendez-vous pour des parties de tennis, de foot-baîl, de croquet, de golf ; on a décidé de l'heure et du lieu du bain et dm thé ; on arrête d'un commun accord Ha prochaine excursion à bicyclette... Pendant que la jeunesse organise son temps, les parents de leur côté disposent du leur : ils fixent le jour où ils recevront à déjeuner telle famille, à dîner telle autre, où ils iront en auto voir des amis... Projets d'enfants, projets de parents font bientôt un enchevêtrement qui réclame, pour être débrouillé, des prodiges d'habileté.

Le « futur prêtre » voudrait suffire à tout : il ne le peut pas. En effet, comment se trouver à la fois à l'église et au tennis ?... en excursion et aux offices le dimanche ?... Est-il possible de se coucher tard et d'être présent le matin à l'unique messe de six heures pour communier ?... L'élu de Dieu se pose une question qui le rend très perplexe : « Que sacrifier ? » Evidemment la réponse qui lui paraît

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