‹ Future pretresChapitre 73 sur 94 · NÉCESSITÉ DE LE DÉVELOPPER · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DE LE DÉVELOPPER

grande vérité a que leur première et plus urgente obligation est de travailler à développer et à préciser dans les cœurs des séminaristes, l'idéal sacerdotal. »

11 n'est pas besoin de réiléebir beaucoup pour saisir combien ce devoir est pressant. L'enfant cpii s'est décidé à étudier le latin, puis à entrer au Petit-Séminaire, n'a fait qu'entrevoir, comme dans une lueur fugitive, les grandeurs du sacerdoce. De cette grâce intérieure qui l'a sollicité, il a gardé l'impression qu'être prêtre, c'est la plus belle manière d'employer sa vie, le plus parfait moyen de servir Dieu et de travailler à sa gloire. Mais cette « vision » ne lui a apporté aucune précision ; sa jeune intelligence n'a approfondi aucune des raisons d'être du sacerdoce, aucune de ses merveilleuses prérogatives. Peu lui importe d'ailleurs : l'enfant ne doute nullement de l'avenir ; il s'attend bien à apprendre au Petit-Séminaire ou au Collège ce qu'il ne sait pas encore, et à recevoir, à côté de l'instruction latine et humaniste, cette autre préparation que, dans son droit bon sens, il estime incomparablement plus importante : la formation à l'état sacerdotal.

Aussi quelle ne serait pas la surprise de ces petits élus, si, dans les jours qui suivent leur entrée dans la pieuse maison, ils n'entendaient pas un mot de leur vocation ; si dans les lectures spirituelles il y était à peine fait quelque discrète allusion ; si on leur expliquait le règlement très sage, très formateur de lu volonté, en négligeant de le leur montrer « en fonction » perpétuelle du grand but à atteindre, qui est la perfection sacerdotale. L'enfant espère-

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rait au moins que la retraite du début de l'année romprait la glace ?... Hélas ! si la retraite elle-même allait oublier ce point-là '?... si le prédicateur, parlant éloquemment de la confession, de l'Eucharistie, de l'obéissance, de la pureté, de tous les sujets qui conviennent à cet âge et à ce milieu, n'avait pas eu le souci d'ouvrir à ces enfants, avides de lumière et d'espérance, des aperçus sur ce Soleil de toute beauté, qu'est le Christ-Prêtre, et sur le sort privilégié que le Pontife éternel réserve à ses ministres ?...

Dans de telles conditions, le jeune écolier ressentirait, au cours de ces premières semaines, une impression douloureuse. Sans la préciser plus que n'est capable de le faire sa petite intelligence, il en souffrirait cependant. Ce serait, somme toute, une déception d'autant plus cruelle qu'elle était plus inattendue. La logique enfantine est rapide et sommaire. Comme elle est à cent lieues de soupçonner chez ceux qui la mènent un manque de savoirfaire, vite elle aura tiré la conclusion qui s'impose : « La vocation est un secret personnel qu'il faut taire ». Dès lors l'enfant, comme un avare, cache son trésor ; il enferme ses désirs, ses aspirations, ses saintes ambitions au fond de son cœur, résolu à vivre en « futur prêtre », au milieu de « futurs prêtres », sous la direction d'éducateurs de « futurs prêtres », sans jamais s'entretenir de sacerdoce !

Le débutant sera peut-être confirmé dans cette ligne de conduite par ses confessions. Pénitent timide et porté par ses premières constatations à se suffire à iui-même, il accusera ses péchés, mais n'osera pas poser de questions intimes, encore

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