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I. \: l'ii, a LA VIE RELIGIEUSE

Mais ((.-lie volonté de se donner ne se borne pas

à la minute présente ; elle pénètre plus avant et \:i chercher dans l'avenir des moyens de « s'offrir » plus généreusement et plus totalement. L'aspirant au sacerdoce est heureux de penser qu'au moment du sous-diaconat, il donnera à Dieu son corps et renoncera pour le service de Notre-Seigneur aux joies de la famille, aux successeurs de son nom, acceptant la stérilité pour être père des âmes. Chez beaucoup de jeunes gens cette offrande comble leur besoin de donner, car ils savent que, leur imposant la fuite du monde, l'obligation de la prière, l'austérité dans leur manière de vivre, elle sera la cause d'innombrables sacrifices qu'ils acceptent joyeusement. C'est pourquoi la pensée des grands engagements d'avant le sacerdoce ravit leurs cœurs, en leur procurant l'impression qu'ils immoleront, en gage de reconnaissance, sut l'autel de leur future messe, ce qui tient le plus aux fibres de la nature humaine.

Tous cependant ne se déclarent pas satisfaits. Ils pensent qu'en retour de l'incomparable dignité sacerdotale, ils peuvent donner à Dieu davantage. Une fois les jouissances familiales et conjugales sacrifiées, ne leur restera-t-il pas encore quelque chose en leur possession ? Ce quelque chose, ils ambitionnent de le donner aussi. Pourquoi ne se dépouilleraient-ils pas de leurs biens matériels-? pourquoi ne renonceraient-ils pas à leur liberté ? Et voilà ces âmes tout natureHcment amenées à rêver de vie religieuse.

D'autres parvienent à ce même désir par une voie un peu différente. Ce n'est pas tant l'ardeur à s'im-

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moles* que le besoin d'être soutenu, qui les incite à chercher une règle et à se lier par des vœux. L'idéal sacerdotal leur paraît demander, pour être réalisé, un tel ensemble de vertus, qu'ils se sentent incapables de fournir, au milieu des tracas matériels et des tentations du monde, un effort surnaturel assez persévérant et assez vigoureux : ils veulent trouver de l'aide. Les instituts religieux leur offrent justement l'appui voulu. Ils entourent leurs membres de soins vigilants, les exercent avec une prudence consommée, les encadrent d'hommes expérimentés : la communauté dans laquelle entre le novice sera pour lui la douce et charitable famille qui, lui enlevant tout souci temporel et la torturante préoccupation de la « lutte pour la vie », le fera jouir du centuple promis à la pauvreté volontaire ; en même temps elle l'introduira dans un esprit traditionnel transmis, depuis son auteur, par des générations de saintes âmes jusqu'au privilégié qui le reçoit aujourd'hui. (Des frères, qui Paimeront jusqu'à la mort, entourent déjà le nouvel arrivant, et lui prodiguent les marques d'une charité qui ne se lassera jamais. Dans un tel milieu, entouré d'exemples de vertu, entraîné à chaque heure par le mouvement d'ensemble, comment le « futur prêtre » redouterait-il de ne pas répondre aux exigences surnaturelles de l'idéal sacerdotal ?

Voilà comment naissent chez les aspirants au sacerdoce, tantôt par besoin du sacrifice, tantôt par souci de perfection, souvent pour les deux motifs réunis, l'élan vers la consécration totale de leur être à Dieu par les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance.

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