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ENCOURAGER LES DÉSIRS DR VIE RELIGIEUSE

Ces saints enthousiasmes pour la vie religieuse doivent réjouir le cœur des prêtres qui président à la formation de cette belle jeunesse. Les élans vers la vie parfaite sont une marque de noblesse et de générosité : il y a peu d'âmes aimant vraiment Dieu qui n'aient ressenti, un jour ou l'autre, de ces ardeurs pour des sacrifices qu'elles rêvaient aussi complets que possible.

(''est pourquoi le directeur qui reçoit la conlidence de ces désirs a pour mission de les encourager. Leur présence est le gage de précieux efforts vers la vertu et de la meilleure préparation qui soit au sacerdoce, aussi doit-il se féliciter de les voir naître et grandir dans les cœurs.

Mais qu'il aurait tort de Imter ses décisions et de fonder sur ces goûts de vie religieuse des espoirs définitifs. Il faut, pour juger sagc<ment de la valeur d'un attrait, l'épreuve du temps et de la persévérance. La vie de communauté n'est ipas le lot indistinct de t(;ute bonne volonté, mais la part réservée à une généreuse élite : elle requiert, en effet, un ensemble de qualités physiques et morales que ne possèdent pas à un égal degré tous les appelés au sacerdoce.

D'ailleurs la sélection se fera d'elle-même parmi les jeunes gens animés des intentions les meilleures. Chez certains enfants, la flamme qui s'élève pour la vie monastique, subite et ardente, brille et tombe comme un feu de paille. Elle est née, par exemple, après une retraite prêchée par un religieux, ou sur le passage d'un missionnaire qui a éloquemment plaidé la cause de ses chrétientés désolées. Le pénitent court tout ému déclarer à son confesseur « qu'il entrera dans un ordre ». Le prêtre qui devine à

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quel motif attribuer cet éveil de l'esprit religieux clans cette âme candide, accueille avec joie ces ouvertures, en se disant que la patience en montrera la valeur. Il prescrit quelques efforts pour répondre pratiquement à l'idéal entrevu, et commencer dès maintenant la préparation à une vie d'abnégation totale. L'enfant suit docilement les avis de son directeur pendant quelque temps... puis, peu à peu, l'impression s'étant effacée, le désir d'entrer au couvent s'atténue. Il ne reste plus bientôt qu'une velléité toujours caressée par l'imagination, mais tenue par le jugement comme peu réalisable. Le directeur instruit par cette expérience déclare que celte volonté, manquant de ténacité dans ses généreux projets, parait appelée à suivre des voies plus ordinaires.

Chez certains autres aspirants au sacerdoce la pensée de la vie religieuse a jeté de plus profondes racines. Ceux-là ont réfléchi mûrement. Us se sentent attirés puissamment vers le cloître, la sainte ï, les austérités de l'existence eoimmune. A ne regarder que leur état d'âme, ils paraissent réellement désignés d'En-Haut pour la situation qu'ils rêvent. Mais autour de leurs nobles ambitions se dressent d'insurmontables obstacles. Tantôt une santé précaire les rend incapables de supporter les fatigues de la communauté : c'est tout juste déjà s*ils peuvent poursuivre leurs études, qu'ils se vident obligés d'interrompre par de longs ; pendant lesquels ils suivent des régimes sévères... Tantôt s'accumulent autour d'eux d'inextricables difficultés de famille, qui leur ôtent la possibilité de compter sur un départ... Tantôt des événements rieurs viennent entraver dans leur exécution

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