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LA PRATIQUE DU ZÈLE

avec la plus grande joie l'idée de prendre une part active aux travaux apostoliques, et de consacrer in l'extension du Règne de Dieu un peu de leur ardeur naissante.

Le premier et le plus puissant moyen d'exercer le zèle sera la prière ardente pour les âmes. Quel stimulant à la piété, cette pensée perpétuelle que, même enfermé entre les murs d'un Collège, on peut travailler à la conversion des pécheurs, soutenir les efforts du clergé, collaborer aux travaux des missionnaires !... Avec quel élan un « futur prêtre » fait monter au Ciel ses supplications pressantes, dans l'espoir qu'il sera secouru aussi lui par la ferveur des aspirants au sacerdoce, quand, sorti de sa retraite, il aura pris rang à son tour sur le champ de bataille.

La seconde manifestation du zèle sera réservée — et c'est chose due — pour l'intérieur même du Collège ou du Petit-Séminaire. L'aspirant au Sacerdoce doit penser qu'autour de lui, dans sa classe, il y a des camarades qui profiteront de son bon exemple ou seraient tentés de déchoir s'il se conduit médiocrement : on voit dès lors quel motif pressant de s'adonner au travail, à la discipline et à la piété possède l'enfant qui se sent dévoré du zèle des âmes.

A la force du « geste » le « futur prêtre » peut ajouter quelquefois la persuasion de la parole. Un avis, discrètement don-né à un camarade, peut avoir de bons effets. Mais que de prudence il faut à la jeunesse pour savoir dire juste ce qui convient. C'est pourquoi on lui recommandera de s'entourer de conseils à chaque fois qu'elle croit devoir en •donner.

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Cet apostolat du Collège, préparera celui des vacances. Dans la famille au cours des mois de liberté, le séminariste prêchera, qu'il le veuille ou non, le bien ou le mal. S'il .est fervent, exact à ses prières, recueilli, pénétré de la grandeur de sa vocation, il est un apôtre dans sa famille. S'il est évaporé, paresseux, léger dans sa piété, orgueilleux, exigeant, mauvais caractère, il accomplit, sans s'en douter peut-être, une œuvré de malédification. Les parents, les amis, les voisins généralisant, comme le fait toujours l'esprit mondain, se disent au fond d'eux-mêmes « qu'ils- n'auraient jamais pensé que tels étaient les « futurs prêtres ». Si dans les proches relations il y a quelque âme à ramener à Dieu, un père ou un frère par exemple, la conduite relâchée du séminariste ne sera-t-elle pas pour cet égaré un puissant argument contre l'obligation qu'il a de revenir à Dieu ? « Les gens dévots ne sont pas meilleurs que moi ! » telle est l'objection que le zèle de l'aspirant au sacerdoce réduit à néant par sa « sainteté ». Que les éducateurs du futur clergé ne manquent pas, au cours de l'année scolaire, de présenter à leurs enfants, cet apostolat des vacances comme le principal stimulant à leur désir de se perfectionner chaque jour en vue d'étendre le règne de Dieu.

Si le véritable zèle apostolique prend sa source dans les mystères de l'union du prêtre avec le Christ, en vue de l'hommage infini à la Très Sainte Trinité, la chasteté de ceux qui auront un jour à célébrer le Saint Sacrifice de la Messe, ne peut avoir, elle non plus, d'autre origine. Les éducateurs

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s'efforceront donc de démontrer aux « futurs prêtres » que cette vertu est une parure indispensable à l'âme qui se destine à remplir les fonctions sacerdotales.

Quand les « futurs prêtres » ont compris que le Christ est leur Chef et qu'ils en sont les membres ; quand ils ont saisi par tous les détails du culte et de la prière la vérité théologique sur l'intimité qui existe entre Notre-Seigneur et son ministre, il semble tout naturel que, du même coup, ils aient conçu l'horreur de l'impureté et l'amour de la parfaite virginité de leur corps et de leur âme. Ils voient, en effet, que toute faute honteuse occasionnerait une rupture violente entre eux et le Christ. Ce serait le malheur du péché mortel, ruine immense, désastre incalculable, en même temps qu'injure à l'Infinie Majesté, qui mérite de ses élus un traitement tout opposé. Cette catastrophe de la chute dans l'immondice est tellement terrible qu'elle effraye tout a futur prêtre ». Le Supérieur, dins res con't'renees, surtout le directeur, dans ses entretiens intimes, ont vite l'ait de susciter chez les enfants une salutaire et profonde aversion du vice impur.

Cette conviction fondamentale, qui naît si facilement dans tout noble cœur, n'est que le début de l'initiation à la chasteié sacerdotale. Le prêtre n'aura pas seulement, en effet, au cours de son existence, à éviter, en cette délicate matière, ce qui est pour le commun fauie mortelle, mais il lui faudra s'abstenir de jouissances, qui, permises à d'autres, lui seront défendues. Cette privation entraînera avec elle de sérieux sacrifices : le prêtre doit renoncer à posséder un foyer ; il ne sera jamais entouré

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d'enfants, ces continuateurs, dans le temps et la mémoire des hommes, de la personnalité et des œuvres du père ; s'il arrive à la vieillesse, il éprouvera peut-être les amertumes de l'isolement...

Sans qu'il soit utile de faire entrevoir en détail aux débutants tout le lot de mortifications qu'impose le « célibat ecclésiastique », il ne faut pas hésiter cependant à le présenter comme un holocauste, qui sera, pour beaucoup, sans cesse renouvelé, parce qu'il leur faudra, au cours de leurs années d'épanouissement physique et aux heures de souffrances du cœur, maintes fois refouler les voix de la nature. Il est nécessaire que pendant leur formation, les « futurs prêtres » soient dûment avertis, afin qu'ils n'aient pas à reprocher à leurs introducteurs dans la vie sacerdotale de leur avoir bandé les yeux, pour les forcer à suivre une route qu'ils auraient quittée,, si de loin ils en avaient aperçu les aspérités.

Evidemment ce langage austère effrayera quelques recrues. Les âmes scrupuleuses et les tièdes en seront bouleversées. Peut-on penser que ce sera dommage ? Si les premières n'ont pas la force d'envisager la perspective de la chasteté parfaite et perpétuelle, croit-on qu'elles en supporteront plus vaillamment la réalité ? Quant aux secondes, elles ont deux partis à choisir : ou, secouant leur tiédeur, s'élancer dans les intimités de l'union avec Notre- Seigneur, et accepter joyeusement « le joug suave et le fardeau léger » (1) ; ou, si elles ne veulent pas sortir de leur vilain état, redescendre au rang des

(1) Matth. XI, 30.

l'lxion AL CHRIS1 PRINCIPE DE CHASTETE 'M\ï)

mondains qui traînent km- âme comme ils peuvent derrière eux...

Quant aux autres, ces « futurs prêtres » généreux et convaincus des merveilles de l'idéal sacerdotal, ils comprendront rapidement et facilement que le célibat ecclésiastique, cette pureté virginale que le Christ-Vierge exige d'eux, est une exigence découlant de leur union avec ce Christ adoré, et la source de toutes les grandeurs de leur futur apostolat.

Une âme, ayant entrevu par une initiation bien conduite les secrets de l'idéal sacerdotal, comprend d'instinct que l'union du prêtre avec Notre-Seigneur ne peut pas se réaliser pleinement sans la parfaite chasteté.

Le prêtre et le Christ ne font qu'un, selon cette parole tant de fois citée : « Sacerdos alter Christus, le prêtre est un autre Christ. » Même on pourrait exprimer cette vérité non moins bien en disant : « Sacerdos, Christus, le prêtre, c'est ie Christ. » En effet, que dit le prêtre : « Je te baptise... Je t'absous... Ceci est mon Corps... » Il tient la personne du Christ. Dans ses fonctions sacerdotales, il est le Christ.

Cette surprenante pénétration des personnalités ne présente plus rien d'étonnant, quand on se rappelle que le Christ est Chef et le prêtre membre de ce Chef. On sait par expérience la liaison intime qui existe dans le corps humain entre chacune de ses parties et la tète. Ma main trace cette affirmation qui n'est pas mensongère : « J'écris ». La bou-

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che dit : « Je parle. » Et pourtant c'est moi qui parle, moi qui écris. Mais ma main, c'est moi, ma bouche, c'est moi. Moi, je suis corps et âme, un homme. Ainsi en est-il du corps mystique de Notre- Seigneur-Jésus-Christ. Le prêtre est sa main, le prêtre est sa bouche. Le prêtre dit : « J'absous, je bénis, je baptise... » Or, qui baptise ? » Est-ce Paul, est-ce Apollo ?... non c'est le Christ » (1).

Telle est l'union intime, extraordinaire, du Christ et de son ministre. Rien de plus étroit ne peut être rêvé. Voilà ce qu'il faut faire comprendre avec une pieuse insistance à l'élève du sanctuaire, jusqu'à ce que ces vérités, dont l'influence doit s'exercer sur toute son existence sacerdotale, aient été pratiquement comprises, ayant pénétré de l'intelligence dans le vouloir et dans l'amour.

Dès lors, s'il a la claire vision de ce grand mystère d'union, le « futur prêtre » saisit dans une pleine lumière ce principe « qu'une vie sacerdotale ne peut rien tolérer qui serait de nature à diminuer l'intimité des rapports du Christ et de son ministre. » Cette proposition est d'une telle évidence que le jeune homme l'accueille avec enthousiasme, résolu d'accepter tous les sacrifices qu'impose son application.

Or, parmi les privations à envisager pour assurer la parfaite intimité entre l'âme du prêtre et son Chef, la plus urgente est l'abstention des jouissances permises dans l'état de mariage. Saint Thomas en donne la raison : « L'exercice des droits matrimoniaux, dit-il, à cause de la jouissance charnelle

(1) I. Cor. III.

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