‹ G.-F. HändelChapitre 111 sur 118 · Hândet's Lebensbe$chreibung./P · texte numérisé non relu

Hândet's Lebensbe$chreibung./P

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lun voulût céder à l'autre. Enfin Gordon, furieux, s'écria : « Si vous persistez à m'accompagner de cette manière; je sauterai sur le clavecin et le mettrai en pièces.*» — « Prévenez-moi du jour, répliqua Handel, afin que je puisse l'annoncer : je vous affirme qu'il viendra plus de monde pour vous voir sauter que pour vous entendre chanter. »

La première fois qu'il entendit jouer du serpent, il fut désagréablement impressionné par la rudesse du son de cet instrument et dit : « Que diable est cela ? » On lui répondit que c'était un nouvel instrument appelé serpent. « Oh! oh! fit-il, ce n'est certainement pas celui qui séduisit Eve. » L'anecdote est plaisante, mais nous ne la croyons pas authentique, parce que le serpent existait avant que Handel ne vînt au monde et assurément il avait eu plus d'une occasion de le connaître.

On raconte que quahel il eut perdu la vue, son chirurgien, M. Sharp, lui demanda s'il croyait pouvoir continuer à jouer de l'orgue pendant les exécutions de ses ora'orios. Handel ayant répondu négativement, Sharp lui recommanda Stanley comme un homme auquel la mémoire ne faisait jamais défaut. Or Stanley était aveugle. Sur quoi Handel répondit en souriant: ;<N'avez-vous donc jamais lu l'Écriture, M.Sharp?Ne connaissez-vous pas le passage où il est dit que si un aveugle en conduit un autre, ils risquent fort de tomber dans un fossé1? »

1» Anecdotes of Handel, etc. P. 46»

ioô GEORGE-FRÏDERIC HANDEL

Contrairement à la plupart des gens spirituels, Hândel ne fit jamais preuve d'un mauvais sentiment dans sa gaieté. Ses saillies n'avaient rien d'offensant. « Il était, dit Burney1, impétueux, rude et péremptoire dans ses manières, mais totalement dépourvu de mauvaise intention. Dans ses moments d'impatience et même de colère, il y avait dans ses paroles, dites en mauvais anglais, une humour, une originalité qui le rendaient très drôle. »

Fort distrait par instants, il parlait tout seul et son organe sonore faisait connaître- les sujets de ses soliloques. On lui avait amené un jeune garçon dont on vantait les heureuses dispositions pour la musique; mais un beau matin il disparut, et le lendemain on pouvait entendre Hàndel, se promenant dans Hyde Park, dire : « Der Teufel! le père a été trompé, la mère a été trompée; mais moi, je ne l'ai pas été. C'est un vaurien, un propre à rien ! »

Comme tout être humain, Hândel eut des défauts: il était impérieux, irascible, jaloux de sa préémiminence musicale et impatient de toute rivalité. Il jurait à tout propos et ne ménageait pas ses expressions. Il disait de Gluck — lequel, il est vrai, commençait seulement sa carrière,-— « qu'il ne savait pas plus de contrepoint que son cuisinier » ; mais il le dit ouvertement, avec sa brusquerie ordinaire. Il n'y avait à craindre de sa part ni trahison, ni petitesse;

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