Ëhrenpforte, p
en 1703, le croyant gêné, lui avait envoyé un peu d'argent pour Noël; il le lui retourna en y joignant un petit présent, afin de lui prouver qu'il pouvait largement se suffire. Dans les trois années de 1704, 1705 et 1706, il mit de côté deux cents ducats qu'il réserva pour son voyage d'Italie.
Sur ces entrefaites,, Keiser, ayant fait des spéculations malheureuses, se vit en butte aux poursuites de ses créanciers et dut se cacher pour éviter la prison. Un nouveau directeur, Jean-Henri Saurbrey, prit en main les affaires du théâtre et demanda un opéra à Handel, qui écrivit Florimondo eDafne (1706-1708). La préface du livret explique le motif de la dualité de cette œuvre. Voici ce qu'on y lit : « L'excellente musique de cet opéra [Florimondo) ayant plu depuis longtemps et le public pouvant être mécontent de ne pas la voir publiée, on a jugé utile de disposer l'ouvrage en deux parties, dont la première, en l'honneur d'Apollon, a reçu le titre de Y Heureux Florimond (Glûcklichen Florimoiido) à cause de ses amours avec Daphné, et la seconde, celui de Daphné transformée (Verwandelten Daphné), parce que cette nymphe fut changée en laurier. » Mais la représentation ayant été retardée on ne sait pourquoi, Handel était déjà en Italie depuis plus d'une année lorsque cet opéra parut sur le théâtre de Hambourg. Mattheson a donc commis une grosse erreur lorsqu'il a dit que Handel revint d'Italie à Hambourg
en 1709. Fétis * est tombé dans une autre erreur en soutenant que Hândel revint d'Italie à Hambourg en 1708, pour y composer et faire représenter Florimondo (sic) et Daphné. On sait aujourd'hui que ce double opéra fut écrit par lui en 1706 et donné seulement en 1708, sans qu'il ait assisté à son exécution.
Nous avons vu que Mattheson avance que sa liaison avec Hândel devint encore plus intime après leur duel. Il ne paraît pas cependant que leur réconciliation ait été aussi entière qu'il le dit, car Hândel quitta Hambourg sans aller prendre congé de lui, ce dont il paraît avoir été quelque peu mortifié. Malgré cela, Hândel rendait pJeine justice au savoir de Mattheson; mais nous verrons par ses lettres que s'il eut toujours de la considération pour le Hambourgeois, il ne le nomma jamais son ami.
De même que la partition de Néron, celle de Florimondo et Daphné a aussi disparu et, avec elle, les quelques autres compositions que Hândel écrivit pendant sa résidence à Hambourg. Quant aux« deux caisses pleines de musique » qu'il aurait laissées en cette ville et qui ont été perdues, c'est une invention de Mainwaring 2 que le docteur Burney 3 a encore enjolivée en disant que les morceaux de clavecin, romances et cantates laissés par Hândel à