Soli Deo Gloria (Gloire au seul Dieu
A la même époque appartient aussi le motet Intrat in conspectu tuo, qu'il a désigné comme Motteto a 6 voci per ogni tempo. Ex. 79 del E. D. Giovanni Legrenzi.
En juillet 1707, alors que la grande chaleur et la mal'aria rendent insalubre et désagréable le séjour de la ville éternelle, Hândel retourna à Florence, où, vers l'automne, il fît jouer son opéra Rodrigo. De la partition autographe il ne s'est conservé intact que le deuxième acte; le premier et le dernier ont de nombreuses lacunes et nulle part on ne trouve de date. Hândel avait tenu à faire son premier essai de drame musical italien dans la ville qui pouvait se glorifier d'avoir été le berceau de la musique dramatique et où furent certainement conçus et exécutés les premiers opéras. Naturellement, ses cantates avaient donné de ses capacités une très favorable idée et le public se montra impatient d'asseoir son jugement.
Rodrigo, bien accueilli, devint pour son auteur une source de profits et de plaisirs. Les spectateurs lui prodiguèrent leurs applaudissements et leurs acclamations ; les traits mélodiques ravissants dont cette œuvre abonde devinrent promptement populaires. Le prince le gratifia d'une bourse contenant cent sequins et d'un service en argent; la première chanteuse qui s'appelait Vittoria, et n'était autre que la célèbre Tesi, une des plus grandes cantatrices de son siècle, lui accorda... son amour.
Le penchant de cette aimable femme pour Handel, alors qu'elle était jeune, belle, admirée et adulée, dut singulièrement le flatter; mais leur liaison — si tant est qu'elle ait existé — ne dura pas longtemps, car notre Saxon ne fut jamais un adorateur du beau sexe ; il aimait uniquement son art ; il ne vécut que pour lui et lui consacra tous les instants de son existence.
Ce fut donc la Tesi qui créa le rôle de Rodrigo et non la grande-duchesse Vittoria, comme le dit Fétis, qui s'est appuyé sur nous ne savons quel document1.
Handel demeura à Florence environ une année, choyé, gâté par le prince et la cour, puis, au commencement de 1708, il partit pour Venise où le suivit la Tesi, qui obtint du duc de Toscane la permission d'aller y créer le rôle à'Agrippina dans l'opéra de ce nom, que Handel devait y faire représenter. Nous ne sommes pas bien sûr que sa première manifestation dans la ville des lagunes se soit passée comme le raconte Mainwaring2. « On le reconnut, prétend-il, dans une ridotta, où, masqué et déguisé, il joua du clavecin. Domenico Scarlatti, l'un des meilleurs clavecinistes connus, qui l'entendit alors, se serait écrié « que ce ne pouvait être que le Saxon ou le diable ». Une anecdote à peu