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celles qui donnèrent le plus de mal à Gorelli. Sur ses instances, Hàndel consentit à la remplacer par une symphonie dans le goût purement italien. Bien des années ensuite, en causant avec Smith, Hàndel aimait à revenir sur les événements de son séjour en Italie ; il daubait volontiers sur Gorelli, qui, paraît-il, prêtait le flanc à ses plaisanteries. Ainsi, il disait que les deux passions dominantes de ce grand violoniste étaient la parcimonie et les tableaux, mais les tableaux qu'il pouvait obtenir sans bourse délier. Sa garde-robe était minable; il ne portait habituellement que des vêtements noirs et un manteau bleu. Il allait toujours à pied et faisait les observations les plus saugrenues quand ses amis lui conseillaient de prendre une voiture l.
La force d'esprit et le génie du jeune maître plurent considérablement aux prélats romains qui, croyant découvrir en lui un sentiment profondément religieux, se figurèrent qu'ils pourraient l'endoctriner et l'attirer au catholicisme. On croit même que le cardinal Panfili se chargea de cette mission, car étant Rettore del Collegio di propaganda, son but principal consistait à emporter le plus de conversions possibles. Mais, à ces avances, Hàndel répondit avec une modération si ferme et si résolue, qu'il ne fut plus question de prosélytisme et l'on s'en tint uniquement à la musique.