Hawkins. History of music, IV
A Rome, Hândel eut occasion de connaître le grand Scarlatti (Alessandro) ; il y retrouva aussi son fils, Mimo (Domenico) Scarlatti, lequel passait, nous le savons déjà, pour le meilleur claveciniste et le premier organiste de l'Italie. Le cardinal Ottoboni eut un jour l'idée de faire lutter de talent Scarlatti et Hândel. Les arbitres qui les entendirent eurent grand'peine à s'accorder pour prononcer leur décision. Après un long débat, ils donnèrent la préférence à Scarlatti comme claveciniste, mais pour l'orgue, Hândel eut la suprématie sans conteste et Domenico proclama lui-même la supériorité du Saxon, en disant « qu'il ne s'imaginait pas que l'on pût jouer ainsi ». Les adversaires se tendirent la main et, dans un élan d'effusion qui leur fait mutuellement honneur, ils se jurèrent une amitié réciproque. Jusqu'à son dernier jour, Hândel parla toujours de Scarlatti avec plaisir et dans les meilleurs termes ; il disait que son talent était aussi remarquable que son urbanité. Ils se revirent à Londres en 1720 ; mais Scarlatti n'y séjourna pas longtemps et partit pour l'Espagne où il s'établit définitivement. « Les frères Plas, dit Mainwaring1, excellents hautboïstes arrivés récemment de Madrid (1760), rapportent que toutes les fois que l'on complimentait Scarlatti sur son talent d'organiste, il nommait aussitôt Hândel, et, en témoignage