‹ G.-F. HändelChapitre 3 sur 118 · PREMIERE EPOQUE · texte numérisé non relu

PREMIERE EPOQUE

(halle, 1685-1703.)

11ÀNDEL (George-Frideric) naquit à Halle, sur la Saale (Basse-Saxe), le 23 février 1685. Son nom a été orthographié de plus de dix manières différentes, mais nous n'insisterons pas sur ce point, élucidé aujourd'hui par les travaux les plus récents. Nous dirons seulement que nous avons choisi l'orthographe ci-dessus parce que le maître a constamment sig,né ainsi toutes ses partitions, toutes ses lettres d'Allemagne et d'Angleterre, son testament et ses codicilles. Si, pendant le demi-siècle qu'il a passé en Grande-Bretagne, il a omis le tréma sur Va, c'est qu'en anglais cette lettre se prononce e, et qu'ainsi le tréma devenait superflu. Nous l'avons

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rétabli par égard pour l'exactitude de la prononciation.

Quant à la date de sa naissance, elle est du

23 février 1685 et non du 24 février 1684, comme l'ont dit par erreur plusieurs écrivains et comme on Ta gravé à tort sur son monument dans l'abbaye de Westminster. Il est même étonnant que l'on n'ait pas rectifié cette bévue depuis que Fôrsteman^a prouvé, d'après les registres baptismaux de l'église luthérienne de Saint-Laurent, à Halle, que notre héros fut baptisé en cette église le

24 février 1685, « semaine de la Sexagésime » ; et, à cette époque, on baptisait toujours les enfants le lendemain de leur naissance.

On ne sait que peu de chose sur les ancêtres de Hàndel ; mais Fôrstemann, dans ses consciencieuses recherches, est parvenu à remonter jusqu'au grandpère, le maître chaudronnier Valentin Hândel, lequel naquit à Breslau en 1582. — Établi à Halle après avoir fait la tournée traditionnelle pour se perfectionner dans son état, il s'y maria en 1608, avec Anna Beuchling, fille du maître chaudronnier Samuel Beuchling d'Einsleben et obtint, en 1609, le droit de bourgeoisie. A sa mort, le 20 août 1636, il laissa une fille mariée et trois fils : — Valentin, Christophe et George, qui fut le père de notre

1. G. -F. HundeVs Starnmbaum, von Karl Eduard Fôrste mann. Leipzig, 1844, in-f°.

GEORGE-FRIDEKIC HANDEL 3

Hândel. Les deux premiers exercèrent le métier paternel, mais George (né en septembre 1622) suivit une autre direction et devint barbier, puis chirurgien. Le 15 avril 1639, Christophe Oettinger, maître barbier à Halle, mourut sans enfants et sa veuve Anna, qu'il avait épousée quatre ans plus tôt, continua l'industrie de son mari. George Hàndel, qui avait travaillé chez Oettinger, était un habile artisan, puisque à l'âge de vingt ans on le voit déjà désigné sur les rôles civiques de Halle, comme « maître George » {Meister Gorge). Il sut si bien conduire sa barque, que le 20 février 1643, il épousa la veuve d'Oettinger, quoiqu'elle eût dix ans de plus que lui. De cette union naquirent six enfants, trois fils et trois filles.

Cependant « maître George » avait de l'ambition et ne voulait pas demeurer dans la position inférieure de barbier. Il travailla assidûment et obtint en 1652 l'emploi de chirurgien à Giebichenstein, puis le titre de valet de chambre et chirurgien de l'électeur de Brandebourg, à Halle. On ne peut préciser l'époque de cette nomination, mais il est certain que ce fut avant 1674 *.

Anna mourut, âgée de soixante-douze ans, le 9 octobre 1682. George en avait soixante, ce qui ne 1 empêcha pas de convoler en secondes noces, le

1. G. -F. Hândel, par Friedrich Ghrysander. Leipzig, 1838 T. I, p. 5.

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23 avril 1683, avec Dorothée Taust, âgée de trentetrois ans, fille de George Taust, pasteur de Giebichenstein, avec lequel il était lié depuis de longues années. Les documents contemporains représentent Dorothée Taust comme une femme de grand sens et de beaucoup de vertu : instruite, réfléchie et de bon conseil. Elle ne craignit pas de s'unir à un homme qui touchait à la vieillesse et avait presque trente ans de plus qu'elle.

Le château et le village de Giebichenstein, sur la Saale, alors éloignés d'un quart de lieue de la ville cle Halle, en forment aujourd'hui un des faubourgs où les habitants vont, les dimanches et jours de fête, se divertir et oublier les soucis de l'existence journalière. Le pasteur Taust y exerça ses fonctions sacerdotales depuis 1654 jusqu'en 1685, année de sa mort.

Du mariage de maître George Handel avec Dorothée Taust, naquit, le 23 février 1685, George-Frideric, que son grand-père Taust eut encore la joie de baptiser lui-même avant de partir pour un monde meilleur; puis deux filles : Dorothée-Sophie, le 6 octobre 1687, et Johanna-Christiana, le 10 janvier 1690,

(JliORUE-FRiDERIC IIANDEL

La famille Hândel demeurait à Halle dans le quartier appelé « le grand bourbier» (Grosser Schlamm) ; c'est au n° 4 de ce quartier que George-Frideric vit le jour et passa ses années d'enfance. Une vignette représentant cette maison, d'après une photographie de Klingemann (l'ami de Félix Mendelssohn-Bartholdy), a été donnée dans Y Illustrated London Neivs du 25 juin 1859, et a servi de frontispice au livret du festival handelien de 1877 4.

Dès ses plus jeunes années, l'enfant donna des preuves non équivoques d'une surprenante vocation pour la musique. Il l'écoutait avec bonheur ; il suivait dans les rues les ménétriers qu'il rencontrait et, dès qu'il en eut la force, il fît résonner le cornet, la trompette, la flûte et le tambour. Son père, qui n'avait pu donner à ses enfants du premier lit une éducation un peu relevée et qui reportait toute son affection sur son dernier fils, voulait qu'il occupât une belle position dans la société et le destina à la carrière juridique. Il ne comprenait rien à l'art, ni a,u noble rôle qu'un véritable artiste est appelé à jouer dans le monde ; il ne voyait en eux que des saltimbanques, bons à amuser les oisifs, et il regardait la

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