‹ G.-F. HändelChapitre 31 sur 118 · Ghrysander. Ouvrage cité. I · texte numérisé non relu

Ghrysander. Ouvrage cité. I

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Hàndel quitta Naples dans l'automne de 1709 et repassa par Rome et Florence pour prendre définitivement congé des amis qu'il y laissait. Cette troisième visite dans la capitale de la chrétienté eut certainement lieu vers Noël de 1709 et un petit fait en fournit la preuve. A rapproche du jour de la Nativité, les Pifferari ou pâtres de la Calabre viennent à Rome depuis un temps immémorial; ils en parcourent les rues pour annoncer la naissance du Rédempteur, imitation naïve de ce que firent autrefois, dit-on, leurs ancêtres de Bethléem. Ils chantent alors ou jouent sur leurs cornemuses une vieille mélopée qui ressemble à un hymne. Hàndel entendit ce chant, le nota, comme il faisait toujours quand un air populaire le frappait, et n'y pensa sans doute plus; seulement, après bien des années (trente ans), le souvenir lui en revint et il l'intercala dans son Messie où cette petite symphonie pastorale et naïve produit un charmant effet. Ici encore il a désigné la provenance de cette mélodie, en y ajoutant l'abréviation Pifay c'est-à-dire air des Pifferari. Le docteur Ed. Raimbault en a donné la mélodie originale dans son Introduction au Messie de l'édition de la Hàndel Society1.

1. The Messiah. London, 1850. Préface, vu, Printed for the Hàndel Society.

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Arrivé à Venise pour le carnaval de 1710, Handel y fit la connaissance de personnages considérés, d'artistes et d'amateurs de Londres et du Hanovre. Anglais et Hanovriens se regardaient comme ne formant qu'un seul peuple, depuis qu'il était entendu que le trône d'Angleterre reviendrait à un membre de la maison de Brunswick-Hanovre. — Le baron de Kielmannsegge et le maître de chapelle Steffani le décidèrent à les suivre à Hanovre, malgré sa résolution de partir pour Londres où, depuis longtemps, il avait l'intention de se rendre, à la suite des sollicitations réitérées de plusieurs Anglais de distinction qu'il avait connus en Italie. Ils réussirent à le convaincre que la voie la plus courte et la meilleure pour arriver en Angleterre était de passer d'abord par Hanovre, où il s'assurerait une position pour l'avenir. Il souscrivit à leurs désirs, mais, en même temps, promit à ses amis anglais d'être à Londres avant la fin de l'année.

Il est bon de faire connaître au lecteur le baron de Kielmannsegge et surtout l'abbé Steffani, qui ont exercé sur la destinée de Handel une influence considérable.

Le baron descendait d'une famille du Holstein. Sa noblesse, encore de fraîche date, ne remontait qu'à son grand-père, lequel avait été anobli par l'empereur en récompense de son mérite et de ses services. Kielmannsegge, que nous retrouverons en Angleterre, s'occupa aussi de composition musicale. Dans

un recueil manuscrit, intitulé « Livre pour la flûte, 1709 », appartenant à la bibliothèque de Hanovre, se trouvent deux petites pièces de lui; les autres sont de Corelli et des musiciens de la chapelle hanovrienne de l'époque, Farinelli, Nouvelan et autres. Plus tard, lorsqu'il fît partie des beaux esprits qui donnaient le ton à la société de Londres, il publia encore quelques élucubrations mélodiques. Il se prit d'une affection réelle pour Hândel, auquel il témoigna toujours un dévouement sans bornes.

D'après ce que Hàndel a raconté sur Stefïani à Hawkins *, sa connaissance avec l'abbé se serait faite ainsi : « Lorsque j'arrivai pour la première fois à Hanovre, dit Handel, j'étais un jeune homme d'une vingtaine d'années. Je connaissais les mérites de Steffani et il avait entendu parler de moi. Je comprenais la musique et je jouais passablement de l'orgue. Il me reçut avec affabilité et me présenta à la princesse Sophie et au fils de l'électeur, auxquels il me recommanda. Il eut l'obligeance de me donner toutes les instructions nécessaires sur la manière dont je devais me conduire à Hanovre, et lorsque les affaires politiques le forcèrent d'accepter une mission diplomatique et de quitter Ja ville, il me laissa en possession du poste qu'il avait occupé pendant une longue suite d'années. » Relevons ici deux erreurs: 1° Handel n'avait pas vingt ansalors*

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