‹ G.-F. HändelChapitre 32 sur 118 · History. V, p · texte numérisé non relu

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mais vingt-cinq ; et 2° la princesse ne s'appelait pas Sophie, mais Caroline. De semblables méprises ne sont pas rares dans l'ouvrage, d'ailleurs estimable, de l'honnête sir John Hawkins.

Steffani (Agostino), né en 1655, à CastelfrQ,nco, petite ville de la Vénétie, avait trente ans de plus que Hàndel. On le voit d'abord enfant de chœur à l'église, ce qui fait supposer que ses parents n'étaient pas riches. Un gentilhomme allemand, le comte Tattenbach, grand amateur de musique, qui l'entendit chanter à Saint-Marc en 1667, fut charmé de sa jolie voix et obtint de pouvoir l'emmener à Munich, où il fut élevé aux frais de l'électeur de Bavière, qui le confia aux soins de Johann Kaspar Kerl, organiste de la cour, pour apprendre de lui le jeu de l'orgue et les règles de la composition, et non d'Ercole Bernabei, comme l'ont dit par erreur M. Chrysander et autres biographes. Steffani se livra en outre aux études classiques et put recevoir de bonne heure la prêtrise avec le titre d'abbé, sous lequel il a été généralement connu.

Nous ne savons que fort peu de chose des circonstances de sa jeunesse ; il est toutefois certain qu'à vingt ans on le nomma organiste à Munich. Ce qu'il a pu produire pour l'orgue n'a pas été connu ; mais ses premières compositions imprimées sont remarquables ; elles ont paru sous le titre de : Psalmodia vespertina volans octo plenis vocibus concinenda ab Augustino Steffdno, 1674, œtatis suœ 19.

Peu après, nous le trouvons directeur de la musique de l'électeur de Bavière, peut-être à la suite du succès de son premier opéra, Marco Aurelio, en 1681. Ses Sonate da caméra, pour deux violons, viole' et basse, parurent en 1683. De son deuxième opéra, Servio Tullio, on ne sait rien de certain, sinon qu'il fut représenté avec grand luxe en 1685, lors des fêtes du mariage de l'électeur Maximilien Emmanuel avec la grande-duchesse Antoinette d'Autriche. Cet opéra décida de l'avenir du compositeur. Le duc Ernest-Auguste de Hanovre, grand ami des fêtes, des repas joyeux, des feux d'artifices et des opéras, se trouvait à ce mariage. La musique de Steffani et sa manière de chanter lui plurent tellement qu'il mit tout en œuvre pour l'emmener à Hanovre et lui proposa de le nommer son maître de chapelle. Cet emploi à Munich étant réservé au fils de Bernabei, maître de la chapelle de l'électeur, Steffani accepta sans hésitation les offres du prince et se rendit très volontiers dans une cour où se trouvaient déjà plusieurs de ses compatriotes.

La réflexion de Hawkins et autres1 que Steffani ne peirt avoir été maître de chapelle à Hanovre, parce que, prêtre catholique romain, il lui était interdit de célébrer le service divin du culte réformé, repose sur une confusion des conditions anglaises

1. History, iv, 228; v, 266. - Schœlcher. Life of Handel, P- 21.

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et allemandes. En Angleterre, assurément, une telle situation eût été impossible ; mais en Allemagne, depuis le traité de Westphalie, les théologiens les plus compétents dans tous les pays évangéliques permettaient d'employer dans les églises et les chapelles des cantores pontificiœ religionis bona conscientia. L'art de ces étrangers1, et surtout les privilèges qu'on leur concéda, furent d'efficaces aiguillons pour tirer de leur torpeur les artistes allemands. La musique gagna au delà de ce que perdit la confession.

On connaît de Steffani dix opéras qui ont été écrits sur des livrets de l'abbé Ortensio Mauro et représentés sur les théâtres grands-ducaux de Brunswick et de Hanovre. Mais les productions qui ont rendu son nom particulièrement cher aux musiciens sont ses duettos de chambre (Duetti da caméra), en canons, chants lyriques à deux voix avec basse. Ils portent le sceau d'un art complet ; on ne peut trop les louer et ils dureront aussi longtemps que la musique elle-même.

D'importantes missions diplomatiques et la politique enlevèrent Steffani à la carrière musicale. S'étant acquitté de ses nouvelles fonctions avec un zèle et un talent qui excitèrent l'admiration des hommes d'Etat de l'Europe, il reçut du Hanovre une pension considérable et le Pape le nomma évêque

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