‹ G.-F. HändelChapitre 36 sur 118 · EXTRAIT DE LA LETTRE DE M. HENDEL · texte numérisé non relu

EXTRAIT DE LA LETTRE DE M. HENDEL

Faites bien mes excuses à M. Hughes. Je prendrai la liberté de lui écrire avec la première occasion. S'il me veut cependant honorer de ses ordres et d'y ajouter une de ses charmantes poésies en anglais, il me fera la plus sensible grâce. J'ai fait, depuis que je suis parti de chez vous, quelques progrès dans cette langue, etc.

Sur la fin de l'automne, Hàndel alla visiter ses parents de Halle. Une fête de famille l'y attendait. Le premier-né de sa sœur, madame Michaelsen, était mort le 24 juin 1711, dans sa deuxième année, lorsque s'annonça la naissance prochaine d'un autre rejeton. Il fut décidé alors que le célèbre frère serait le parrain et donnerait son nom à l'enfant à naître, quel que fût son sexe. Une fille naquit et le 23 novembre eut lieu le baptême, auquel assista Hândel, ce que constate le registre baptismal de l'église. La petite fille reçut le nom de Frederika et devint sa nièce bien-aimée, à laquelle il demeura toute sa vie paternellement attaché et qu'il institua sa légataire universelle.

Pendant ce premier séjour à Hanovre, Hândel ne composa point d'opéra ; il n'y fit même pas représenter son Rinaldo, mais ne demeura pas pour cela oisif; ce n'était pas dans sa nature; il écrivit pour la princesse Caroline, bru de l'électeur, treize duos de chambre sur des paroles de l'abbé Ortensio Mauro. La musique en était excellente puisqu'il les

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a fait passer presque tous dans ses opéras et ses oratorios; de plus, neuf Lieder allemands sur des textes du poète Brokes de Hambourg. Il existe de Hândel cent cinquante cantates et vingt-quatre duos de chambre; il serait difficile de déterminer avec exactitude quelles sont les productions de ce genre qui virent le jour à Hanovre. Ce qu'il y a de positif, c'est qu'il se borna cette fois à composer de la musique de chambre1.

Entre temps, ses amis, Roner et autres, le tenaient au courant de ce qui se passait à Londres. L'opéra italien vivait toujours, mais ne faisait que se traîner languissamment. Les bons chanteurs de la péninsule, Nicolini en tête, partaient ou s'apprêtaient à partir. — Hughes lui écrivit aussi pour le supplier de revenir au plus tôt à Londres, afin de donner une autre impulsion aux affaires théâtrales, que seul, à son avis, il pouvait ranimer. Pas n'était besoin de beaucoup d'efforts pour décider Hàndel à retourner en Angleterre. Nous ne savons quels moyens il employa pour obtenir un nouveau congé au bout d'une année; toujours est-il que l'électeur le lui accorda avec la faculté de demeurer absent un temps indér terminé, mais pas trop long.

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