Anecdotes, etc., p
CEORGE-FRIDERIC HANDEL 80
la maison hahovrienne, Handel avait manqué à son devoir de fidèle sujet. Il le savait bien ; mais se voyant admiré et universellement recherché à Londres, il avait renoncé à son emploi en Allemagne ; il viola son engagement afin de demeurer sur un théâtre mieux proportionné à l'activité de son esprit et à la vigueur de son génie, qui auraient été étouffés dans la petite ville de Hanovre.
La première année de son second séjour en Angleterre, Handel la passa presque tout entière chez Andrews de Barn-Elms, en Surrey, riche amateur de musique1, possédant aussi à Londres une maison qu'il avait mise à la disposition du compositeur. Jusque après l'exécution du Te Deum, c'est-à-dire jusqu'à la fin de juillet, ils demeurèrent en ville, puis passèrent le reste de l'été et l'automne à la campagne. La situation embarrassée de l'opéra italien et la perte qu'il y avait subie l'année précédente l'avaient tellement contrarié, qu'il ne voulait plus en entendre parler. Dans la saison de 1713/14, on ne donna de lui ni un opéra ancien, ni un nouveau.