‹ G.-F. HändelChapitre 46 sur 118 · Mainwaring. Memoirs. etc., p · texte numérisé non relu

Mainwaring. Memoirs. etc., p

r originale à son nouveau travail. Tout, dans ce troisième acte de Muzio Scœvola, est nouveau et distingué; les airs sont plus nobles, plus grands que ceux des Italiens, et le public se prononça pour lui, même avant la fin de la représentation.

Nul compositeur n'a su mieux que Handel adapter ses airs aux moyens de ses interprètes, et quand il avait décidé que le morceau convenait à tel ou telle vocaliste, rien n'aurait pu le faire changer d'avis. Ainsi, il savait fort bien que miss Robinson n'était pas la grande cantatrice que ses amis voyaient en elle; il s'efforça, et non sans peine, de régler sa musique sur les forces de cette actrice. Il ne paraît cependant pas qu'elle ait su apprécier et comprendre l'air admirable Ah! dolce nome, que Handel lui donna à chanter et lui fit étudier dans la perfection.

Ue quel poids pouvaient peser à coté d'une telle musique les mélodies de Bononcini? Handel écrivit ce bel acte dans le mois qui en précéda l'exécution , ainsi que le constate son manuscrit dont la dernière page porte :

Fine G. F. H. London, March, 23, 1721 .

Ainsi se termina cette mémorable joute dont le résultat fut certainement important, mais pas aussi décisif que l'a prétendu Mainwaring, lequel a été copié parBurney et Hawkins. Les partis ne furent pas réduits au silence; au contraire, les contesta-

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tions allaient renaître de plus belle sur la différence de manière de Hândel et de Bononcini.

Après avoir consacré les premières soirées de la troisième saison, qui commença le 1er novembre 1721, à la reprise d'ouvrages connus, l'Académie donna, le 9 décembre, Floridante, nouvel opéra de Hàndel, sur un texte de Paolo Rolli, qui dédia au prince de Galles « cette héroïque histoire de l'amour du roi des Thraces, illustrée par une musique excellente ». L'original de la partition est complet, à l'exception du chœur final. On n'y trouve pas non plus la date de création, comme la portent d'habitude les manuscrits du maître. Dans toute cette œuvre on ne rencontre que des chants simples, courts, en forme de romances, ce qui a fait dire à Burney * que « les partisans de Bononcini avaient bien tort de prétendre que ses chants étaient inimitables dans leur simplicité et leur charme touchant et pathétique, puisque dans un seul acte de Hàndel on trouve plus d'airs de cette sorte que dans tout un drame de Bononcini ». — Assurément, Hândel eut raison de montrer de quoi il était capable en ce genre; mais il fit mieux en ne persévérant pas dans cette voie, qui aurait pu le détourner du but élevé auquel il tendait.

Quatre semaines après Floridante, Bononcini donna ses deux plus célèbres opéras intitulés, l'un

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