‹ G.-F. HändelChapitre 51 sur 118 · Mist's Weekly Journal, orSaturdayPost, du 23 mai · texte numérisé non relu

Mist's Weekly Journal, orSaturdayPost, du 23 mai

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zoni manquait de charmes physiques et de vivacité dramatique. On aurait bien désiré avoir la célèbre Faustina, dont la réputation était européenne; mais la diva, encore liée avec Vienne pour l'hiver prochain, put seulement promettre qu'aussitôt libre elle partirait pour Londres. Senesino, qui, pendant la période d'enthousiasme pour la Cuzzoni, enrageait de ne plus se voir traité avec les égards qu'on lui avait toujours témoignés, se réjouit d'être désormais le seul César de l'Académie. Mais au moment où il se rengorgeait dans sa vanité, elle reçut un choc des plus rudes. Au printemps de 1724, pendant une répétition, il avait insulté miss Robinson par de grossières allusions à sa liaison avecPeterborough. Le vieux lord, dont la patience n'était pas la vertu dominante, avait bâtonné le chapon dans les coulisses du théâtre, au vu et au su de plusieurs témoins. Cette volée de bois vert alimenta longtemps la chronique scandaleuse londonienne et les libellistes échangèrent des lettres d'Anastasie h Senesino, et vice versa, dans lesquelles le battu n'avait pas le beau rôle. Une autre humiliation lui était encore réservée. Pendant une représentation de Giulio Cesare, au moment où. il s'écrie: « César ne connaît pas la crainte! » plusieurs morceaux de bois tombèrent des frises à côté de lui, avec un tel fracas que, dans sa frayeur, il se laissa choir par terre en pleurant comme un enfant et en poussant des cris de terreur.

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Tamerlane fut l'opéra de Hândel qui ouvrit la sixième saison le 31 octobre 1724. Le nombre relativement minime des exécutions de cet opéra, qui, selon Burney « regorge de beautés musicales de toute sorte », s'explique en ce que les chanteurs ne répondirent pas à ce que l'on attendait d'eux et que le public demandait constamment du nouveau. Sans cela, Tamerlane, aussi riche quOttone en beaux airs, aurait tenu plus longtemps la scène. En effet, ces morceaux acquirent la faveur générale plus rapidement que ceux des autres opéras, ce qui engagea Cluer, l'éditeur, à graver tout l'ouvrage avec une traduction anglaise. Walsh, qui se permit, sans droit, de publier les dix airs de Tamerlane. les qualifie de « morceaux favoris ».

L'opéra subséquent, Rodelinda^ fut encore de Hândel et de Haym. Les grandes scènes dramaticotyriques de Giuiio (Jesare et de Tamerlane se continuent dignement ici. Dans son récitatif, Pompe vane di morte, suivi de l'air Dore sei, amato bene, Senesino sut s'élever à la cime de l'art. La Cir/zoni {Rodelinda) ne lui demeura pas inférieure dans son air, Ombre plante. Gomme formes caractéristiques, comme formules plutôt, les airs ressemblent à, ceux de Giuiio Cesare; mais, musicalement parlant, ils sont d'une valeur plus réelle. Rodelinda est un des opéras les plus parfaits du maître. La Guzzoni y fut acclamée. Non seulement toutes les dames voulurent chanter ses airs, mais encore son costume fit la loi

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h la mode, quoique, en général, elle s'habillât sans goût. « Pendant plus d'une année, dit Burney r, cette toilette sembla être l'uniforme national pour la jeunesse et la beauté. »

Hânclel avait nourri l'espoir d'aller embrasser sa mère à Halle dans l'été de 1725, pendant le séjour que le roi devait faire à Hanovre ; mais il était trop accablé de besogne pour pouvoir quitter Londres en ce moment. Voici, avec son orthographe que nous avons respectée, la lettre qu'il écrivit en français à son beau-frère Michaelsen, dans laquelle il l'assure de son attachement et de sa reconnaissance pour les bontés que le docteur a pour sa mère.

A F.onrires. re 22/11 de juin 1725.

Monsieur et 1res honoré frère,

Encore que je me trouve trqs coupable de n'avoir pas satisfait depuis si longtemps à mon devoir envers vous par mes lettres, néantmoins je ne désespère pas d'en obtenir votre généreux pardon lorsque je vous assurerai que cela n7est pas provenu de quelque oubli et que mon estime et amitié pour vous sont inviolables comme vous en aurez trouvé des marques, mon très honoré frère, dans les lettres que j'ay écrit à ma mère.

Mon silence a donc été plutôt un effet de crainte de vous accabler par une correspondance qui vous pourroil causer de l'ennuy, mais ce qui me fait passer pardessus ces réflexions en vous donnant l'incommodité par la

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