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Le nombre de ces amis s'était fort éclairci, parce que la plupart faisaient partie de la noblesse et qu'entre cet ordre social et lui il y avait guerre ouverte. Quiconque refusait de lui tourner le dos ne pouvait espérer aucune faveur de l'aristocratie, et comme il devint de bon ton de déblatérer contre Hândel et de le mépriser, chaque petit esprit ne manqua pas d'agir ainsi. Il fallut donc du dévouement à ceux qui demeurèrent fidèles au compositeur saxon.
Le jour de la première représentation, un journal disait i : « Leurs Majestés ont l'intention d'aller ce soir à Covent Garden entendre le nouvel opéra de M. Hàndel, qui surpasse, dit-on, tous ceux qu'il a composés jusqu'à présent. » C'est qu'en effet, on ne peut rien entendre de plus parfait, de plus suave, que les quatre derniers morceaux du deuxième actes. Dans tout l'opéra d'Alcina, il ne se présente pas un seul duo; mais le premier et le troisième acte ont quatre chœurs qui, tous, sont superbes clans leur genre.
Pendant le carême, entre Ariodant et Alcina, Hàndel donna quatorze concerts, dans lesquels il fît exécuter ses oratorios. Afin de ne point se heurter aux représentations de l'opéra rival, qui avaient lieu les mardis et samedis, il choisit les mercredis et vendredis. Il reprit d'abord , le
1; London Daily Pôst, du 16 avril 1735.
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5 mars, Esther « avec des morceaux nouveaux et deux concertos d'orgue » ; le 26, Débora, avec un nouveau concerto d'orgue et l'un de ceux joués avec Esther ; et enfin, le 1er avril, Athalie, que Ton n'avait pas encore entendue à Londres, également avec des concertos d'orgue. — Esther fut exécutée six fois, Débora trois fois, et Athalie cinq fois.
La véritable nouveauté, l'événement capital de cette année, ne fut ni la seconde élaboration à* Esther, ni la première apparition à' Athalie, mais l'introduction des concertos d'orgue dans les oratorios. C'est Hândel qui, le premier, eut l'idée d'en exécuter librement et publiquement, entre les parties ou actes. Comme point historique, il est donc bon de constater que les premiers concertos d'orgue de Hândel furent exécutés le S mars 1735 et joués par lui entre les parties ft Esther. — La situation de ses affaires, du reste, l'obligeait à tirer parti de son talent d'organiste. Toutes ses innovations sont dues à la nécessité du moment, comme des moyens de parer aux besoins du jour. Dans les circonstances où l'on se trouvait, il savait bien qu'il ne parviendrait pas à remplir sa salle par les expédients ordinaires, et que tous ceux qui n'étaient pas assez plats ou assez faibles pour obéir aux injonctions de l'aristocratie se laisseraient attirer par son prestigieux talent.
Sur ces entrefaites, Mattheson, qui, en mai 1733, avait publié et dédié à Hândel une œuvre de cla-
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vecin l, profita de cette occasion pour lai renouveler sa demande de renseignements biographiques à insérer dans son Ehrenpforte. — Je me plaignais, dit-il, de ce qu'il ne l'avait pas encore fait, mais contre mon attente, après lui avoir dédié et envoyé mon ouvrage, je reçus de lui, le 5 août 1735, la réponse suivante (en français) :
A Londres, ce 29 juillet 173N.
Monsieur,
11 y a quelque temps que j'ai reçu de vos obligeantes lettres; mais à présent je vieil (sic) de recevoir votre dernière avec votre ouvrage.
Je vous en remercie, monsieur, et je vous assure que j'ai toute l'estime pour votre mérite; je souhaiterois seulement que mes circonstances m'étoient plus favorables pour vous donner des marques de mon inclination à vous servir* L'ouvrage est digne de l'attention des connaisseurs, et quant à moi, je vous rends justice.
Au reste pour rammasser (sic) quelque époque il m'est impossible, puisqu'une continuelle application au service de cette cour et noblesse me détourne de tout autre affaire* Je suis avec une considération parfaite, etc.
Le pauvre Mattheson n'eut point de chance avec les deux plus grands musiciens de son époque : J.-S. Sachet Hândel. A tous deux il demanda des renseignements autobiographiques, et pas un ne