‹ G.-F. HändelChapitre 71 sur 118 · Uistory. V · texte numérisé non relu

Uistory. V

GEORGEtFRIDERIC H AN DEL 209

bulhnot. Il se peut que leur connaissance ait daté déjà de quelques années, mais la première indication de leur liaison se voit dans la lettre suivante de l'été de 1735, dans laquelle Handel notifie à Jennens la réception d'un poème d'oratorio (vraisemblablement Saïd).

Londres, 28 juillet 1735.

Monsieur,

J'ai reçu votre tout aimable lettre avec l'oratorio qu'elle contenait. Je vais partir pour Tundbridge ; mais ce que j'en ai lu, très en hâte, m'a causé beaucoup de satisfaction. J'aurai là-bas plus de loisir pour le lire avec toute l'attention qu'il mérite.

Je ne suis pas encore fixé sur le plan que j'adopterai pour la saison prochaine ; mais je ferai certainement quelque chose et prendrai la liberté de vous en aviser, eu égard au généreux intérêt que vous me témoignez.

L'opéra à'Alcina est transcrit et sera envoyé à l'adresse que vous avez donnée. C'est toujours pour moi un grand plaisir que d'avoir l'occasion de vous prouver le respect sincère avec lequel j'ai l'honneur d'être, monsieur, votre...

George-Fuideric Handel.

La fin de l'année 1735 et le commencement de 1736, jusqu'au carême, se passèrent sans qu'il eût rien résolu. Le 19 février, il rentra en lice avec une production qui exprime mieux et plus clairement qu'aucune de ses œuvres italiennes la valeur et la particularité distinctive de son art ; œuvre dans

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laquelle se reflète la pureté et la profondeur de son génie, et qui est encore aussi neuve, aussi originale que si elle venait de sortir de son cerveau. C'est l'ode connue sous le nom de Fête d'Alexandre, ou le pouvoir de la musique (Alexander's Feast, or the poiver ofmusic) et qui, suivant M. Chrysander \ serait plus justement dénommée Timothée et Cécile. — Le docteur Chrysander n'a pas tort au point de vue où il se place; mais il nous semble que Dryden en l'intitulant ainsi, et Handel en n'y changeant rien, ont été guidés par des raisons plus plausibles que celles que peut invoquer M. Chrysander.

Cette ode, la plus belle en ce genre de toute la littérature anglaise et peut-être de la littérature universelle, a été composée pour la fête de sainte Cécile, qui tombe le 22 novembre, sur la demande de la société fondée sous l'invocation de cette saint»» en septembre 1697, par Dryden, ainsi qu'il le dit dans une lettre à son fils. Dryden avait alors soixantesept ans, et malgré son âge avancé, son inspiration se montra aussi vive que dans ses jeunes années, car jamais il ne produisit rien d'aussi parfait que YAlexanders Feast. C'est cette ode qu'en 1711 un musicastre anglais, Thomas Clayton, avait déshonorée de sa musique, que Handel choisit pour l'offrir à sainte Cécile, lors de la prochaine fêle de

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