‹ G.-F. HändelChapitre 91 sur 118 · Life of Hândel P · texte numérisé non relu

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sorte, donné cette destination à celle de ses productions qu'il estimait le plus. On a vu que la recette entière de la première audition fut remise aux hôpitaux de Dublin. La quatrième reprise ayant réussi au delà de ce que Ton espérait, le 11 avril 1750, il donna encore une fois, le 1er mai, l'oratorio au bénéfice du London Foundling Hospital qui commençait seulement à naître. Les années suivantes il continua de le faire entendre, toujours en faveur de la même institution de bienfaisance.

Voyant le succès du Messie assuré pour l'avenir, Hàndel, qui refusa de faire graver sa partition malgré les instances de Walsh, en donna une belle copie à l'hospice, avec promesse d'en diriger tous les ans l'exécution dans la chapelle de l'établissement. Ce don amena un épisode qui vaut la peine d'être raconté. Les administrateurs de l'hospice, voulant donner aux bonnes intentions du compositeur une forme légale, préparèrent une pétition au Parlement, laquelle se terminait ainsi : « Afin d'accroître les bénéfices futurs de ladite charité, G.-F. Handel, Esq., a bien voulu faire don à cette corporation d'une composition musicale, dite l'oratorio du Messie, composée par lui ; ledit Handel ne se réservant que la faculté de l'exécuter pour son propre bénéfice, sa vie durant. Et attendu que ladite œuvre de bienfaisance ne peut être exclusivement assurée aux pétitionnaires que par l'autorité du Parlement, ils vous prient humblement de rendre un bill en leur

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faveur. » Un des directeurs alla soumettre cette pétition au musicien ; mais il s'aperçut que le comité avait fait un pas de clerc, car Handel s'écria en colère : « Eh, que diable! pourquoi le Foundling veut-il porter mon oratorio au Parlement? Du diable si ma musique va au Parlement1! » On renonça à 1a pétition; quant à Handel, il n'en remplit pas moins le pieux engagement qu'il avait pris. Onze exécutions du même genre, entre 1750 et 1759, donnèrent à l'hospice 6,955 livres (175,000 fr.). Handel les conduisit toutes en personne, quoique, ne l'oublions pas, il soit devenu aveugle en 1753. Bref, avec les exécutions successives dirigées par Smith et par Stanley jusqu'en 1777, le Messie à lui seul fît entrer dans la caisse du Foundling Hospital une somme qui ne fut pas moindre de 10,300 livres (250,000 fr.). Ces chiffres sont éloquents et se passent de tout commentaire.

La lettre suivante, écrite de Londres par Handel à Charles Jennens peu de jours après son retour de Dublin, nous apprend qu'il n'avait pas encore pris de décision sur ce qu'il ferait.

1. John Brownlow. Memoranda or Chronicles of the Foundling Hospital. 1847. Tn-8. P. 143.

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A CHARLES JENNENS, JUNIOR, ESQ., A GOPSAL, PRÈS

atherstone {Coventry bag).

Londres, 9 septembre 1742.

Cher monsieur, votre serviteur avait en effet l'intention de vous aller faire une visite dans son trajet d'Irlande à Londres. Je vous aurais certainement donné oralement un meilleur récit que par écrit de la bonne réception faite à votre Messie dans ce pays; mais comme un noble lord, qui n'est rien moins que l'évêque d'Elphin (prélat fort instruit en musique), a mis par écrit ses observations sur cet oratorio, je vous envoie ci-joint ses propres paroles. J'adresserai de votre part à M. Steele le livret imprimé du Messie.

Quant à mon succès en général chez cette nation généreuse et polie, je me réserve de vous le raconter quand j'aurai l'honneur de vous voir à Londres. Le bruit quia couru que la direction de l'Opéra pour l'hiver prochain m'était confiée n'est pas fondé. Les gentlemen qui ont entrepris de se mêler d'harmonie, ne peuvent s'accorde* et sont dans une confusion complète. Ferai-je quelque chose dans le genre oratorio, comme plusieurs de mes amis le désirent? je ne puis encore rien décider à cet égard. Il est certain que cette année je continuerai mes oratorios en Irlande, où l'on fait déjà une grande souscription dans ce but.

Si j'avais su que mylord Guernsey était si près de moi lorsque je passai à Coventry, vous pouvez aisément vous imaginer, monsieur, que je n'aurais pas manqué d'aller lui présenter mes respects, car vous connaissez l'estime toute particulière que je professe pour Sa Seigneurie. Le temps va me paraître bien long d'ici à novembre, où j'espère vous voir en ville. Soyez assez ho

pour me donner quelquefois de vos nouvelles; j'y prends grande part, vous le savez, et je demeure en toute sincérité et respect, monsieur, Votre très humble et très obligé serviteur.

Georges-Frideric Handel1.

A juger par le ton avec lequel il s'exprime sur les « gentlemen qui ont entrepris de se mêler d'harmonie », on est porté à croire qu'il regrettait l'Opéra italien et n'en aurait pas refusé la direction, si on la lui avait offerte. Il demeura longtemps indécis, et cette oisiveté forcée doit lui avoir coûté, à lui, si industrieux ; mais, à l'exception de deux duos de chambre, il ne fit, jusqu'à la fin de 1742, autre chose que d'ajouter un air et un chœur à son oratorio de Samson, qu'il avait commencé huit jours après avoir terminé le Messie, et qu'il acheva en cinq semaines.

Le Daily Advertiser du 17 février 1743 va nous apprendre la voie qu'il adopta. « Par souscription, demain 18 courant, au théâtre royal de Covent Gard en, on entendra un nouvel oratorio appelé Samson. Les billets seront délivrés aux souscripteurs (contre espèces), chez M. Handel, Brook Street, près Hanover Square. Tout souscripteur versera six guinées en recevant son billet. »

Le poème a été tiré du Samson de Milton, par

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