Schœlcher. Life of Hândel. P
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On aurait dit vraiment que Handel était invulnérable et insensible aux atteintes du temps. Il ne connaissait pas la fatigue et travaillait encore aussi assidûment que dans ses jeunes années, ayant l'inspiration toujours à ses ordres. Nulle trace de défaillance chez ce septuagénaire. Tandis que pendant le carême de 17i8 il dirigeait les exécutions de ses oratorios et jouait chaque fois des concertos d'orgue, il écrivit la musique des Firetvorks (feux d'artifices) royaux tirés le 27 avril 1749 dans Green Park, pour célébrer la paix d'Aix-la- Chapelle, conclue le 7 octobre 1748, qui mettait fin à une longue guerre et assurait le trône d'Angleterre à la maison de Hanovre.
Y compris l'ouverture, la musique des Fireworks est divisée en six morceaux : deux allégros, une bourrée, une sicilienne et deux menuets, dans lesquels interviennent les violons, violes, violoncelles et contrebasses. La sicilienne porte pour inscription la Paix, et le second allegro, la Réjouissance. Handel s'attacha toujours à varier les effets de sonorité de son orchestre. Ainsi la Réjouissance porte cette indication : « La première fois avec trompettes, la deuxième avec les cors, et la troisième
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tous ensemble. » — Sous le premier menuet, composé à l'origine pour « trombe, tympani, hautbois, viole, bassons, » on lit : « la seconda volta colli corni di cacçia, hautbois, bassons et timbales; la troisième, tous ensemble avec les tambours ».
Les cinquante-six instruments à vent qui exécutèrent l'ouverture excitèrent au plus haut point la curiosité publique. Le Gentleman "s Magazine d'avril 1719, disait : « Vendredi 21, on a fait répéter dans les Vauxhall Gardens la musique des feux d'artifice par une bande de cent musiciens devant plus de douze mille personnes. » Ces cent musiciens consistaient en vingt-quatre hautbois, douze bassons, neuf trompettes, neuf cors, trois timbales et quarante-trois cordes, violons, violes, violoncelles et contrebasses. Une affluence si considérable occasionna un tel encombrement sur le pont de Londres, que, pendant trois heures, aucune voiture ne put le traverser; les piétons obstruaient la chaussée. La recette atteignit 1,500 livres (37,000 francs).
La Fireworks Music fut longtemps à demeure sur les programmes des concerts en plein vent, mais il n'est pas probable qu'on ait vu figurer dans l'orchestre autant de cors et de trompettes que dans celui de Green Park. Les morceaux de la Fireworks Music ne valent pas ceux de la Water Music ; celle-ci est beaucoup plus géniale, plus originale. Handel fit exécuter la Fireworks Music au Foundling Hospital peu de jours après les réjouissances publiques
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du 27 avril. — « Le 4 mai 1749, dit M. Brownlow1, il assista à la séance du comité de l'hospice et offrit de diriger l'exécution d'un concert vocal et instrumental dont le montant serait consacré à la terminaison de la chapelle ». — Le Gentleman s Magazine du même mois dit aussi : « Le prince et la princesse de Galles, ainsi qu'un grand nombre de personnes de qualité, assistèrent le samedi 27, dans la chapelle du Foundling Bospital, à l'exécution de musique vocale et instrumentale composée par George-Frederick Handel, Esq., au bénéfice de la fondation : 1° la musique du dernier feu d'artifice et l'antienne pour la paix; 2° des morceaux choisis de l'oratorio Salomon, relatifs à l'érection du temple ; 3° plusieurs pièces composées sur des paroles de l'Écriture et applicables à la charité et aux bienfaiteurs. On ne fit point de quête, mais les mille personnes formant l'auditoire payèrent leurs billets une demiguinée, outre un don de 2,000 livres (50,000 francs) par Sa Majesté, et un autre de 50 livres (1,250 fr.) par un inconnu. » — En remerciement de cet acte de bienfaisance, Handel fut immédiatement inscrit au nombre des gouverneurs et des administrateurs de l'hospice 2 ».
Le 16 mars 1749, Handel produisit Theodora, nouvel oratorio, avec un concerto d'orgue. Nous