Ibidem. P
savons que Hàndel estimait son oratorio de Théodora plus que tout autre. Quelqu'un lui ayant demandé s'il ne considérait pas le grand chœur du Messie comme son chef-d'œuvre : — « Non, répondit-il, je pense que le chœur He saw the lovely youtk, qui termine la seconde partie de Theodora, lui est bien supérieur1. »
Malgré son mérite intrinsèque, cet oratorio ne parvint pas à attirer la foule, et chaque fois qu'il le donna Handel l'exécuta devant des banquettes. On raconte qu'ayant appris qu'un spéculateur avait l'intention d'accaparer tous les billets d'un concert où l'on devait jouer Theodora, Handel dit en souriant : « Il aurait tort et ferait une folie; car les juifs n'y viendront pas comme à Judas Macchabée, parce que c'est une histoire chrétienne, et les dames s!abstiendront de venir, parce que l'héroïne fut vertueuse. » Cette boutade s'adressait évidemment aux grandes dames qui donnaient des soirées et des bals pour lui enlever ses auditeurs.
Bien que Theodora ne lui procurât que des salles vides, elle fut cependant toujours chère à son cœur; c'est un des derniers oratorios qu'il fit exécuter quelques jours avant sa mort. On y remarque deux chœurs, He saw the lovely youth (le préféré du maître, si nous en croyons la Biblio-
1, Bibliographie/, dramatica, par Backer, Reed and Jones . 4 vol. in-8°. London. 1812,
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graphia dramatica) et Venus laughing; plus les deux airs Lord, to thee et Angels ever bright and fair, qui ont figuré souvent dans les programmes des concerts de musique ancienne.
Le H avril, Handel clôtura les concerts de 1750, et le 15 mai il dirigeait au Foundling Hospital l'exécution du Messie; de plus, du 28 juin au 5 juillet, il composa The Choice of Hercules, ainsi qu'il résulte des notes du manuscrit de cette sérénade; on lit en outre dans le General Advertiser du 21 août suivant cette nouvelle qui nous parait assez énigmatique : « M. Handel, qui était allé en Allemagne il y a quelque temps pour y voir des amis, a eu la mauvaise chance de verser entre la Haye et Harlem. Il a été grièvement blessé, mais il est maintenant hors de danger. » Révoquer en doute une nouvelle aussi positive et affirmée par un journal sérieux nous parait difficile, et cependant nous éprouvons du doute à cet égard ; car, quelles qu'aient été l'activité, l'énergie et la vigueur physique du grand homme, nous ne pouvons oublier qu'il avait alors soixantecinq ans, que rien de pressant ne l'appelait en Allemagne, et que Mattheson, si loquace en ce qui touche Handel, ne dit pas un mot de ce voyage.
Hawkins1 nous apprend que « quand Handel quitta Go vent Garden il était resté débiteur envers Rich, le propriétaire du théâtre, et que pour
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s'acquitter de cette dette, il écrivit Alcestes, opéra anglais, sur des paroles de Smollett. Quoique monté à grands frais, cet opéra n'ayant pas été représenté, le compositeur en appliqua la musique à Y Ode for the St. Cœcilias Day de Dryden ». Il y a là une erreur manifeste. V Alcestes de Smollett date de 1746 et la musique de Hàndel sur ce texte appartient à 1748; il l'employa non pour l'ode de Dryden, qui fut composée en 1739, mais pour le Choix d'Hercule. Hawkins a commis là une méprise qui a induit en erreur tous les écrivains qui l'ont répétée après lui sans chercher plus loin. Hàndel intercala aussi trois morceaux à' Alcestes dans son oratorio à? Alexander Bœlus, lorsqu'il le reprit.
On lit dans un livret & Hercules, imprimé en 1749, le mémorandum suivant1 : « Le dernier chœur du deuxième acte, Still caressing , est tiré d'une récréation musicale proposée par llich et appelée Alcestes. Les airs par M. T. M. (Thomas Morell) ont été mis en musique par M. Hàndel, mais M. R. (Rich) le refusa comme trop fort pour ses artistes. » D'où il suit que si Rich ne représenta pas Alcestes, c'est qu'il ne voulut pas le faire égorger, ou écorcher, par ses acteurs. Dans Alcestes (qu'Arnold a intitulé A le ides) il n'y a que treize morceaux de musique, bien que l'opéra soit en quatre actes. Ge mémorandum étant en parfait accord avec Hawkins et avec