Schœlclieh Life of Hàndel. P
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le biographe de Smollett pour donner le nom d'Alcestes à l'opéra anglais, il est évident qu'Arnold a eu tort de lui appliquer celui d'Alcides.
Le 26 février 1752 Hândel produisit Jephthah (Jephté), son dernier oratorio, son chant du cygne, quicontient quelques-uns de ses plus beaux morceaux et qui est encore populaire aujourd'hui. L'air Waft her, angels, était invariablement chanté dans les festivals lorsque les programmes de ces solennités musicales se composaient d'airs détachés. In gentle murmurs est une des plus gracieuses inspirations qui soient sorties de la plume du grand maître, et si Farewell, ye limpld springs, était plus connu des chanteurs modernes, ils s'empresseraient de l'ajouter à leur répertoire. Nous ne connaissons pas de quintette mieux fait ni plus mélodieux que Ail that is in Hamor. Que dire de l'incomparable, de l'inoubliable récitatif Deeper and deeper still, déclamé par Jephté quand il apprend que sa fille doit être la victime de son vœu? Jamais la puissance dramatique ne s'est élevée plus haut ; jamais on ne peindra mieux fagonie morale d'un père qui se tord devant son impuissance à sauver de la mort sa fille chérie! On a peine à se figurer que ces accents émouvants, déchirants, exaltés même, soient sortis d'un cerveau sur lequel pesaient déjà soixante-sept hivers! Commencé le 21 janvier 1751, Jephté ne fut terminé que le 30 août. C'est la seule œuvre qui ait retenu Hândel si longtemps ; il y travaillait
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lorsque l'amaurose le força de le quitter. Au bas d'une des dernières pages, il a écrit d'une main tremblante ces mots qui émeuvent quand on pense au sort cruel dont il se sentait menacé : Siveet as sight to the blind (aussi doux que le jour pour l'aveugle).
La ponctualité avec laquelle Hândel a daté ses compositions nous permet de préciser l'époque où il ressentit les premières atteintes du mal. Le premier et le deuxième actes ont été écrits entre le 21 janvier et le 27 février ; il ne commença le troisième que le 18 juin. Le General Advertiser du 15 juin nous apprend que « jeudi dernier, M. Handel est revenu à Londres de Gheltenham Wells, où il était allé prendre les eaux ». Il compléta en partie le troisième acte le 17 juillet, mais se vit forcé de s'arrêter encore une fois; il lui donna la dernière touche le 13 août et termina l'orchestration le 30 dudit mois. Nous le voyons ainsi luttant contre le mai, lui disputant le terrain pied à pied, prenant la plume, la laissant, la reprenant encore jusqu'à ce que la souffrance la lui fasse tomber des mains. Le courage ne lui manqua pas, mais sa vue s'éteignit rapidement. On s'aperçoit bien aux dernières pages du manuscrit que sa faculté visuelle n'était plus nette lorsqu'il les traça, et pourtant l'intrépide vieillard fut debout quand la charité eut besoin de lui! Nous avons déjà mentionné que le 18 avril et le 16 mai 1751, il dirigea deux exécutions musicales
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au Foundling Hospital, « avec une improvisation sur l'orgue ». Il était en effet obligé d'improviser alors, puisque l'amaurose le forçait à mettre Jephte de côté.
Trois fois il se soumit à une douloureuse opération; la dernière en 1752. « Hier, dit le Theatrical Register du 4 mai 1752, George Frederick Handel, Esq., a été opéré par W. Bramfield., Esq., chirurgien de S. A. R. la princesse de Galles; on a bon espoir dans la réussite de l'opération, ce qui causera bien de la joie aux amis de la musique. » Hélas! ce n'était qu'un mirage trompeur! il devait demeurer aveugle, comme sa mère dans ses vieux jours. Le 26 janvier 1753, un journal annonça que « malheureusement M. Handel avait complètement perdu la vue. Après avoir été opéré il y a quelque temps, il voyait si bien que ses amis purent se flatter que la vue lui était rendue pour longtemps ; mais peu de jours après tout espoir avait disparu ». Gomme Jean-Sébastien Bach, Handel était aveugle!
Ce cruel destin l'affligea d'abord amèrement et son moral s'en affecta pendant quelques jours ; mais quand il eut reconnu que son infirmité était incurable, son âme vaillante retrouva son énergie; il se résigna; il accepta l'affliction que lui envoyait la Providence et résolut de continuer les exécutions de ses oratorios.
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Devenu aveugle, Handel crut qu'il ne pourrait plus continuer à jouer de Forgue et rappela son élève et ami, Christophe Smith, qui voyageait alors en France, « pour qu'il vînt le seconder pendant le prochain carême ». Smith obéit aussitôt à l'appel de son maître bien-aimé, et ils commencèrent la saison le 9 mars 1753.
A cette époque, les chefs d'orchestre n'étaient point armés du bâton comme nous les voyons aujourd'hui. D'habitude, le maestro conduisait en personne à l'orgue ou au clavecin; il indiquait les mouvements, et par des accords plaqués il remettait dans la bonne voie l'orchestre porté à s'égarer. En ce sens, il conduisait l'orchestre et les chœurs; mais le conductor, le vrai guide, était le chef des premiers violons qui marquait la mesure avec son archet, comme on le fait encore maintenant. Ainsi Dubourg, le violoniste, fut le conductor de l'orchestre de Handel à Dublin, puis à Londres.
D'habitude, à chaque concert, Handel jouait un concerto d'orgue, et pour la masse du public, c'était une des attractions de ces séances. Un des oratorios qu'il préférait, Samson, avait été compris dans le programme de cette saison; il ne put en-
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tendre sans trouble et sans émotion l'air si pathétique dans lequel l'Hercule hébreu, auquel les Philistins ont crevé les yeux, exprime son désespoir : u Éclipse totale ! ni soleil ni lune! » {Total éclipse! no sun, no moon !) et malgré sa force d'âme, l'illustre vieil lard pâlit et trembla de tous ses membres; et quand on le conduisit devant le public qui applaudissait à tout rompre, bien des personnes ne purent retenir leurs larmes. Coïncidence émouvante ! ces vers de Samson étaient de Milton, devenu aveugle, lui aussi!
Pendant cette saison, Smith présida à l'orgue, mais Hândel s'y remit ensuite jusqu'à la fin de ses jours. Nous l'y retrouvons un mois après la clôture, au Foundling Hospital, car le General Advertiser du 2 mai 1753 dit : « Hier, l'oratorio sacré le Messie a été exécuté dans la chapelle du Foundling Hospital, sous la direction de l'illustre compositeur de cette œuvre, G. -F. Handel, Esq., qui a improvisé un concerto sur le bel orgue qu'il a donné à la chapelle. »
Cependant, il se présente une question qui n'est pas facile à résoudre. De 1753 jusqu'à la fin de sa vie Handel demeura-t-il entièrement et absolument aveugle? Mainwaring1 etBurney2 l'affirment; mais il est permis d'en douter. Une découverte faite par M. Schœlcher:l porterait à croire que sa cécité ne