‹ G. K. Chesterton, ses idées et son caractèreChapitre 11 sur 76 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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LA PHILOSOPHIE d'uN HUMORISTE 23

pouvons pas plus résoudre que celle-ci : comment un ours a-t-il pu devenir un prince enchanté ? Considérés comme idées, l'œuf et le poulet sont plus éloignés l'un de l'autre que l'ours et le prince, car l'œuf, de lui-même, ne suggère pas l'idée du poulet, tandis qu'il y a des princes qui suggèrent l'idée de l'ours '.

Concluons :

Supposé donc que certaines transformations aient lieu, il est essentiel de les considérer au point de vue philosophique, qui est celui des contes de fées, et non au point de vue anti-philosophique de la science et des « lois de la nature ». Quand on nous demande pourquoi les œufs deviennent des oiseaux ou pourquoi les fruits tombent en automne, nous devons répondre exactement comme l'eût fait la marraine-fée de Cendrillon, si celle-ci lui eût demandé pourquoi les souris étaient devenues des chevaux ou pourquoi ses beaux habits devaient tomber de ses épaules à minuit. Nous devons répondre que c'est magique ^

l Tous les termes scientifiques : « loi », « nécessité », « ordre », « tendance », etc., ne sont réellement pas des termes intellectuels, parce qu'ils supposent une synthèse psychologique que nous ne possédons pas. Les seules expressions qui m'aient jamais paru satisfaisantes pour dépeindre la nature sont celles des contes de fées : « charme », « ensorcellement », « enchantement ». Ils expriment l'aspect arbitraire et mystérieux de l'événement. Un arbre porte des fruits, parce que c'est un arbre magique. L'eau coule le long des pentes, parce qu'elle est enchantée. Le soleil brille, parce qu'il est enchanté \

Dans une telle conception, affirme notre auteur

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