‹ G. K. Chesterton, ses idées et son caractèreChapitre 13 sur 76 · Orthodoxy, p · texte numérisé non relu

Orthodoxy, p

LA PHILOSOPHIE d'uN HUMORISTE 25

mouvement rythmique. Après une expérience qui les a intéressés, « ils disent toujours : Encore ! » Et les grandes personnes s'épuisent à les satisfaire :

Car les grandes personnes ne sont pas assez fortes pour se réjouir dans la monotonie. [OrJ peut-être le soleil se lève-t-il régulièrement parce qu'il n'est jamais fatigué de se lever... Peut-être Dieu est-il assez fort pour se réjouir dans la monotonie. Il est possible que chaque matin Dieu dise au soleil : Encore ! et chaque soir, à la lune : Encore ! [Si les pâquerettes naissent toutes semblables], c'est peut-être que Dieu fabrique à part chacune d'elles, mais qu'il n'est jamais las d'en fabriquer. Peutêtre a-t-il éternellement les appétits de l'enfance ; car nous autres, nous avons péché et nous sommes devenus vieux ; mais notre père est plus jeune que nous \

On devine quel intérêt et quelle fraîcheur va

r prendre la vision du monde à la lumière de pareilles idées. Pour le fatalisme scientifique, l'univers est terne et usé, toute vie et toute spontanéité en est absente. Les anneaux de fer de la chaîne du déterminisme se tiennent étroitement et s'attirent infail-

/ liblement l'un l'autre. Tout est fixé, prémédité.

Tlien de vraiment nouveau n'arrive jamais. Rien n'est vraiment arrivé depuis l'origine des choses. Encore n'est-on pas bien sûr que quelque chose soit arrivé alors... « La feuille de l'arbre est verte

^ parce qu'elle n'a jamais pu être autrement. » Nul lieu à l'admiration ou à l'étonnement. Mais pour l'esprit nourri de la saine philosophie des contes de fées, il n'en va pas ainsi :

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