Ibid., p
« personnellement, plutôt du type rustre ^ ». Et un jour il conduit deux héros de roman, en conflit perpétuel sur les plus hautes questions métaphysiques, devant un vieux paysan ivre qui chante le soir sur la route, et il leur donne pour arbitre ce représentant authentique de la simple humanité : « C'est lui qui, en définitive, doit nous juger tous -. » En revanche, il assène aux aristocrates des injures dépourvues d'atticisme. Il présente un duc en ces termes : « Dans l'état présent de la noblesse, il est nécessaire d'avertir que ce duc, bien qu'étant un âne, est un gentilhomme ^ » Le peuple, dit-il, a cent fois plus d'esprit que les riches, et il ne paraît pas qu'à ses yeux, la culture de l'individu ou de la race doive entrer en ligne de compte \ Il poursuit même de ses invectives ce flegme distingué, cette « pruderie victorienne ' », que nous croyions, nous autres, spécifiquement anglais, et qu'il attribue, lui, à des influences écossaises, irlandaises (!), américaines, prussiennes, juives et même orientales (!) ^ La vulgarité ne l'eff'arouche point. Il l'admire parce que c'est encore une de ces poussées de nature qui {échappent aux contrôles sévères de la raison. Vive Rabelais ! Voilà un « grand homme ! » Celui-là du moins sait rire et dire de « parfaites bêtises » (abso-