‹ G. K. Chesterton, ses idées et son caractèreChapitre 24 sur 76 · H ère tics, p · texte numérisé non relu

H ère tics, p

OJ G. K. CHESTERTON

nous retrouverons plus loin. Regardons notre poète s'ébattre dans la nature. Il n'accepte pas l'interdit que la morose civilisation moderne et le sens anglais de la « respectabilité » jettent sur certains plaisirs naïfs, de tradition dans l'humanité. Pourquoi les gens graves ne dansent-ils plus ? Pourquoi le privilège de danser des ballets est-il réservé maintenant à « des spécialistes en maillot rose ? » Et avec une obligeance bouffonne, Chesterton convie un austère moraliste, qui l'avait trouvé trop gai, à partager avec lui l'excitant plaisir « de se tenir sur une jambe ' ». Il aime les beaux habits, les couleurs voyantes, la pompe des cérémonies, les splendeurs matérielles qui parlent aux sens. Il sait gré, au nom du peuple, à Thomas Becket de passer dans les rues en robes d'écarlate et d'or. Ainsi l'instinct naturel est satisfait, sans préjudice de l'ascétisme, qui trouve son compte dans l'invisible cilice du saint archevêque et dans la pauvreté de ses repas : régime inverse du régime moderne, où le millionnaire, vêtu d'un costume hideux et sombre, garde son or invisible « près de son cœur », et s'asseoit en son privé à des repas succulents *. Dans un roman de Chesterton, étrange comme ils le sont tous, nous assistons à la résurrection, dans le Londres moderne, des costumes éclatants et des usages pittoresques du moyen âge, opérée par deux

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