Orthodoxy, p. 165 et
originaux, et l'on sent que l'auteur s'est délecté en cette description \ Il vit avec ivressse dans les couleurs et dans les formes ; volontiers il dirait, comme Théophile Gautier : « Je suis un homme pour qui le monde extérieur existe. »
Mais il y a une manière de comprendre la nature et d'y « revenir », qui la déforme et la mutile. C'est celle des disciples de Tolstoï, des végétariens, de « l'école de la vie simple », où l'on porte des sandales et où l'on mange des tomates crues ^ Affectation que tout cela, esprit de système, simplicité calculée, élaborée, tout extérieure, et bien différente de la simplicité du cœur qui accepte avec reconnaissance ce qu'offre la nature et en jouit humblement. Surtout le pacifisme niais, les bêlements d'amour de ces gens-là ont le don d'exaspérer Chesterton. On tirerait de ses ouvrages un florilège de Réflexions sur la violence^ fort savoureuses et qui composeraient, comme celles de G. Sorel, une apologie de cet énergique procédé. Se battre est un vieux sport humain, noble, salubre et enivrant, fondé d'ailleurs en justice et en raison, auquel s'adonnent avec passion les héros de Chesterton. L'épée transfigure, grandit et sanctifie tout ce qu'elle touche. « L'épée donne de la beauté aux choses ; c'est l'épée qui a rendu tout l'univers romanesque '\ » Il y a des causes pour lesquelles on doit tirer l'épée, des conflits qui