‹ G. K. Chesterton, ses idées et son caractèreChapitre 3 sur 76 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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LA PHILOSOPHIE d'uN HUMORISTE 13

cle... Les théories générales sont partout méprisées... L'athéisme |ui-mème est trop théologique pour les hommes d'aujourd'hui... Pas de généralisation! M. Bernard Shaw a formulé cela dans une épigramme parfaite : la règle d'or, dit -il, esi qu'il n'y a pas de règle d'or. Ainsi nous discuterons désormais de plus en plus sur tous les détails de l'art, de la politique, de la littérature. L'opinion d'un homme sur les tramways importe ; son opinion sur Botticelli importe ; son opinion sur toute chose n'importe pas. Il lui est loisible de retourner en tous sens et d'explorer des milliers d'objets ; mais qu'il n'aille pas découvrir cet objet étrange : l'univers I Car, s'il le faisait, il aurait une religion et serait perdu. Tout importe, excepté le tout \

Le bon goût, la dernière et la plus vile des superstitions humaines, a réussi à nous imposer silence [sur les questions religieuses]. Il }- a soixante ans, il était de mauvais goût de s'avouer athée... Maintenant il est d'un égal mauvais goût de s'avouer chrétien. L'émancipation n'a rien fait qu'enfermer le saint et l'hérésiarque dans la même tour silencieuse. Alors nous parlons de Lord Anglesey et du beau temps, et nous appelons cela la complète liberté de tous les credo ^

Parce qu'il rompt en visière avec cette mode, Chesterton est le témoin insigne d'une révolution qui est en train de s'accomplir sous nos yeux. Le culte de la nuance imprécise, le souci de n'être tout à fait conquis par rien fait place en beaucoup d'esprits au besoin du catégorique et de l'absolu. Les échos de ce changement s'entre-répondent des

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