The Bail, p
l'art 61
Écoutez -moi, dit Syme, l'un des porte -parole de Chesterton, je vais vous dire le secret du monde... Nous voyons tout par derrière et tout nous paraît brutal. Ceci n'est pas un arbre, mais le dos d'un arbre ; cela n'est pas un nuage, mais le dos d'un nuage I Ne comprenezvous pas que tout nous tourne le dos et nous cache un visage ? Si seulement nous pouvions passer de l'autre côté et voir de face ^ !
Voici encore, par exemple, un lever de soleil, mais à travers lequel on aperçoit aussi le surnaturel qui se lève, comme un autre soleil plus lointain :
L'aurore qui s'élargissait au-dessus de la mer et du rivage était l'une de ces rares et splendides aurores, dans lesquelles il semble n'y avoir ni brume ni doute, mais rien qu'un envahissement toujours plus complet de l'universalité des choses par la clarté. Toutes les couleurs étaient transparentes. Cela semblait être comme la prophétie triomphale de quelque monde parfait, où toute chose, étant innocente, sera intelligible, d'un monde où notre corps même pourrait être fait comme de cristal flamboyant. Un tel monde est figuré, de façon déficiente et pourtant énergique, par les vitres colorées de l'architecture chrétienne ^
Parfois le mysticisme est plus trouble, et l'on se souvient, à lire certaines pages, que Fauteur a traversé le spiritisme. L'atmosphère où il nous introduit est pleine [d'impalpables fantômes, et des esprits semblent incarnés dans les objets matériels. La nature grimace et fait d'étranges gestes, comme