‹ G. K. Chesterton, ses idées et son caractèreChapitre 46 sur 76 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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l'art 87

pris, au moins à moitié. On s'aperçoit que le jugement tout fait que l'on répétait avec confiance était trop sommaire, qu'il a besoin d'être redressé ou complété, qu'il y a un autre biais pour considérer les choses. Les vraisemblances se sont développées tandis que cette plume alerte n'avait l'air que de se divertir à tracer des arabesques inattendues. Quoi d'étonnant d'ailleurs que celui-là paraisse original, qui travaille à purifier sa pensée et son langage des à peu près de l'usage commun ? On l'accuse de vouloir « prouver que le noir est blanc ». Mais c'est le vulgaire qui brouille les couleurs. Le « vin blanc » est un liquide jaune ^ le « raisin blanc » est un fruit vert pâle ; et « l'homme blanc » (horrible expression, qui évoque un spectre blême) est le nom usuel d'une race dont le teint est un mélange charmant de brun et de rose \ Voilà quels trésors on découvre derrière le mur maussade des conventions, quand on se décide à le défoncer.

Parmi ces trésors, on s'attend bien à ce que Chesterton se jette sur les plus rares et les plus invraisembables. Nous en étions au chapitre des couleurs et nous savons quelle virtuosité il y déploie. Or, en le suivant, nous sommes tentés parfois de nous frotter les yeux et de nous demander si c'est nous qui sommes myopes, ou lui qui est halluciné. Il a des interprétations de paysages à la Rimbaud. Son coloris nous rappelle par intermittences ces

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