Herelics, p
carnations vertes, ces ombres d'un violet cru où se complaisent certains artistes modernes. J'ai dit le goût qu'il prend à peindre les ciels. Ce sont parfois des ciels de rêve. Au début du Nommé Jeudi,, 41 nous décrit ce qu'il appelle lui-même un « impossible ciel », « un coucher de soleil de fin du monde » :
Tout le ciel paraissait couvert d'un plumage palpable et vivant. Un ciel plein de plumes, de plumes qu'on croyait sentir vous effleurer le visage. Au milieu du dôme céleste, ces plumes étaient grises, avec de bizarres touches de violet, de mauve, de rose, de vert pâle invraisemblablement... Et tout cela était si rapproché du sol qu'on ne pouvait s'expliquer le phénomène. L'empyrée tout entier semblait l'expression d'un secret impénétrable \
Je ne nierai point qu'il y ait là des touches d'une justesse pittoresque, ni — ce qui est mieux — que ce paysage ait une âme, une âme tourmentée et mystérieuse. Mais comment ne pas y discerner aussi la recherche de l'effet, d'un effet bizarre, inouï ? Les événements invraisembables, qui se préparent en ce premier chapitre, semblent avoir projeté leurs reflets sur le firmament. Et c'est ainsi souvent dans l'œuvre de Chesterton ; la nature s'associe par son délire à la folie l'histoire ^ On aura remarqué, parmi les nuances de ce ciel vespéral, le « vert pâle invraisemblablement ». Quoi qu'en pense peutêtre un spectateur inattentif, j'oserai dire que ce