Cf. GÏ-dessus, p. 61 et
l'art 89
n'est pas là une note irréelle. Le vert, un vert doré et translucide, n'est pas absent des gammes du coloris céleste. Mais c'est une note rare. Or elle revient constamment sous la plume de Chesterton, dans ses descriptions du ciel. C'est une de ses nuances favorites. Ailleurs ce sera un jaune paradoxal : le ciel est entièrement jaune, d'un jaune « de narcisse », d'un « jaune pur de citron ^ ». Ici la notation curieuse d'un phénomène se prolonge en fantaisie ; ce n'est plus seulement le naturel qui, sous la rigueur de l'analyse, prend un aspect étrange, c'est l'imagination qui commence à broder sur l'objet, c'est-à-dire à s'en affranchir. Et les deux conséquences que nous avions signalées se rejoignent.
Les situations et les formes seront non moins rares que les couleurs. L'écrivain aime à considérer le monde, la vie, les événements réels, du point où ils paraîtront le plus singuliers. Les plans où se distribuent les objets composent chez lui des perspectives imprévues. Ce sera, par exemple, le dôme de Saint- Paul de Londres, mais vu d'en haut, de l'aéronef, et pareil à une pieuvre cyclopéenne qui abaisse sur la ville ses tentacules ^ Ce seront les herbes et les fleurs d'une berge, mais vues d'en bas^ du fond d'un canot, et projetées sur le ciel en silhouettes géantes '\ De même les lignes d'un drame tout