La Clairvoyance du Père Brown, p
humain se combînent de telle sorte qu'il semble irréel, fantastique; des lacunes entre les faits laissent entrevoir des fonds troubles où se remue on ne sait quoi. Des événements, naturels de toutes pièces, mais dont les antécédents et les connexions demeurent voilés, prennent un air de miracle ou de magie. Un détail banal, mais apparemment inexplicable, — des pas dans un corridor, la coupe d'une feuille de papier, — devient inquiétant ; on sent derrière lui l'inconnu, l'ombre indistincte et fantomatique qui donne le frisson ; il se présente comme ces contacts, ces apports d'objets qui ont lieu dans l'obscurité, au cours des réunions spirites. Toutes les aventures du P. Brown sont telles, ainsi que plusieurs épisodes du roman Le Nommé Jeudi, Ces récits rappellent certains Contes étranges d'Edgar Poë, le Scarabée d'or, l'Affaire de la rue Morgue,, etc. : histoires enfiévrées, terrifiantes, affolantes, où passe un souffle de mystère, et qui pourtant ne contiennent pas un atome de merveilleux. Tout s'explique à la fin par des causes naturelles. On a été poussé sur une pente raide jusqu'au bord d'un précipice, et tout à coup une main solide vous ressaisit et vous replace en lieu sûr. Inutile de répéter que dans ce genre littéraire, le frisson des nerfs remplace souvent l'intérêt de l'esprit et l'émotion. C'est un sport qui secoue les viscères et laisse l'âme indifférente.