‹ G. K. Chesterton, ses idées et son caractèreChapitre 5 sur 76 · Orthodoxy, p · texte numérisé non relu

Orthodoxy, p

LA PHILOSOPHIE d'uN HUMORISTE 15

que notre auteur fasse un abondant carnage de toutes les fines, délicates et maladives doctrines modernes, qui doutent de la vérité. Plein d'un entrain étincelant et d'un âpre « humour », il va sabrant sans merci cette foule prétentieuse et débile :

Je tiens, d'accord avec les pragmatistes, que l'apparence de la vérité objective n'est pas tout, qu'un besoin impérieux existe de croire les choses nécessaires à l'esprit humain. Mais je prétends qu'une de ces nécessités est '^précisément la croyance à une vérité objective. Le pragmatisme dit à l'homme de penser ce qu'il est nécessaire de i>enser et de ne pas s'occuper de l'absolu. Mais précisément l'une des choses qu'il est nécessaire de penser, c'est l'absolu '.

Les attitudes faussement modestes du scepticisme sont bousculées d'un coup roide :

Ce dont nous souffrons aujourd'hui, c'est d'un déplacement vicieux de l'humilité. La modestie a quitté l'organe de l'ambition. Elle s'est établie dans l'organe de la conviction où elle n'aurait jamais dû être... A tous les coins de rue, on est exposé à rencontrer un homme qui profère cette assertion frénétique et blasphématoire : « Je puis me tromper. » Chaque jour vous croisez quelqu'un qui vous dit : « Evidemment, mon point de vue peut n'être pas juste. » Evidemment, au contraire, son point de vue doit être juste, ou ce n'est pas son point j de vue *.

'. Les théories de l'évolution indéterminée et de

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