Ibid., p
que la religion soit vraie et puis montrer qu'elle est vraie.
I. — Quelle est au juste la portée des coïncidences aperçues au cours de la première étape ? Elles ont fortement frappé Chesterton et lui ont fait faire des pas décisifs. Il en parle dans les termes les plus vifs :
Et alors s'accomplit une expérience impossible à décrire. C'était comme si je m'étais trouvé empêtré depuis ma naissance entre deux machines énormes et impossibles à manier, différentes de formes et sans connexion apparente : le monde et la tradition chrétienne... Or, je découvris dans le monde un trou... Et d'autre part, en saillie dans la théologie chrétienne, un trait pareil à quelque pointe rugueuse... Et la pointe qui était dans le dogme s'adaptait exactement au trou qui était dans le monde : évidemment elle avait été faite pour entrer là. Et c'est à ce moment que l'étonnante expérience eut lieu. Dès que les deux parties des deux machines se furent emboîtées, tout le reste successivement s'adapta et s'accorda avec une exactitude fantastique. Je pouvais entendre, pièce par pièce, toute la machinerie se mettre en place avec un déclic de soulagement. La première pièce étant ajustée, toutes les autres répétaient cet ajustement, comme toutes les horloges sonnent midi l'une après l'autre '.
Plus loin, l'écrivain renchérit encore. Les coïncidences, remarque-t-il, ne sont pas simples, mais compliquées. L'âme moderne goûte dans la vérité orthodoxe des satisfactions délicates inconnues aux