Ibid., chap. vin, p. 233 sqq
le bien et le mal, au nœud d'un drame dont les conséquences sont incalculables % tout ceci, qui côtoie les frontières du surnaturel, ne nous fait pas encore sortir définitivement des zones où la raison est chez elle. En incorporant ces vérités rationnelles, l'orthodoxie refuse le divorce avec la logique et la spéculation. L'homme qui les reçoit n'a pas à faire d'abord un saut dans les ténèbres, dans l'illogique, le déraisonnable, pour voir ensuite la lumière apparaître. Au contraire, la lumière rationnelle rejoint ici la lumière de la révélation.
Mais un élément fort divers entre en composition avec celui-ci, dans les attraits religieux de Chesterton. C'est ce qu'il appelle « le romantisme de l'orthodoxie ». Ceci est curieux à observer. D'autres, et beaucoup parmi nos contemporains, admirent « l'Eglise de l'Ordre », cette bâtisse solide et bien équilibrée, la sagesse souveraine, la prudence séculaire de ceux qui y président, le haut intellectualisme de ses enseignements, la fermeté de son gouvernement, Texacte distribution et subordination des rangs dans sa hiérarchie, l'harmonie où elle maintient toutes les puissances et richesses de l'âme humaine. Ils vont lui demander une règle, une discipline, un frein moral, un principe de stabilité sociale. A Chesterton l'Eglise montre une face différente. Il écrit tout un livre pour prouver que la foi catholique ouvre à ses fidèles des perspec-