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plus vivant et plus varié, le monde n'est plus cette grande machine aveugle, morte, indifférente, amorale, à la marche nécessaire et monotone. Le bon plaisir divin s'y joue, et la fantaisie y éclôt en merveilles inattendues. Rien que de s'y trouver est pour l'homme « un privilège extravagant ^ », un accident follement heureux, un sujet d'intarissable étonnement. Si ce monde fascinant ne se confond pas avec Dieu, nous pouvons l'aimer sans en faire un fétiche. Une voie nous est ouverte entre le pessimisme oisif du stoïcien, qui fuit le mal sur les hauteurs de la conscience solitaire, et l'optimisme béat, qui justifie l'injustifiable et tarit non moins sûrement l'esprit de réforme -. Ce n'est pas tout : le risque et le conflit sont fils de la contingence et de la liberté ; ils courent comme des frissons délicieux à travers un monde ainsi constitué. Autour des tragédies intimes de la conscience se jouent perpétuellement à l'extérieur des drames passionnants. Les joies de la bataille, la griserie de la révolte sont à la portée de l'homme \
Mais au delà de ces doctrines qu'atteint la raison, Chesterton découvre encore, dans le surnaturel proprement dit, des stimulants et des encouragements spéciaux pour sa manière de prendre la vie. Le dogme de la chute originelle creuse jusqu'à des profondeurs vertigineuses l'idée de la corruptibilité