Ibid., chap. vu, p. 250 à 255 et passim
humaine, moteur de toutes les belles indignations réformatrices et de « l'Eternelle Révolution ^ ». Le Dieu du christianisme, Jésus-Christ, a la grandeur du rebelle aussi bien que celle du Roi. Ce Dieu, condamné par les puissances établies et les aristocrates, « est à jamais la gloire de tous les insurgés ^ ». Le christianisme est démocratique, car il montre la corruption originelle toujours à Pœuvre, surtout parmi les richesses et les grandeurs de ce monde ; il souffle donc la méfiance contre les classes supérieures % tandis qu'il exalte les petits et les humbles : d'où Chesterton ne craint pas de tirer cette conclusion risquée, que le suffrage universel et la brigue des votes sont au fond des procédés spécifiquement chrétiens *. Projeté dans l'infini par les dogmes du paradis et de l'enfer, le drame de notre responsabilité présente prend des proportions gigantesques \ Les vœux perpétuels de religion, le lien indissoluble du mariage, objet des critiques d'une prudence timide, sont de ces choses extrêmes, absolues, tragiques, sacrées, dont la profanation est une flétrissure et une malédiction, mais qui introduisent le roman dans la vie \ Le christianisme est ami des outrances. Il ne craint pas le paradoxe,