Orihodoxy, p
quand elle atteste un miracle que quand elle atteste un meurtre. Un paysan n'est pas moins croyable quand il raconte une histoire de revenants que quand il parle de son propriétaire \
C'est un peu simple. Le miracle est un fait à part, d'un tout autre genre que la découverte de l'Amérique ou qu'un meurtre. Il est a priori plus invraisemblable. Il demande à être spécialement contrôlé, de façon à exclure tout soupçon de crédulité ou de fourberie. Et son acceptation, non point comme fait matériel, mais comme œuvre divine, s'encadre dans une vue du monde où sa possibilité est par av^ance admise. Les croyants et les incroyants ont les uns et les autres une métaphysique : il s'agit seulement de décider laquelle est la bonne ^ Chesterton, au fond, l'admet si bien qu'il commence par établir la sienne, qui est la philosophie du pays des fées. Et pour lui, l'admission du miracle en est encore une dépendance, tant il est vrai que cette philosophie traverse et anime toute son œuvre.
A part ce procédé expéditif, et peut-être encore un ou deux autres du même genre, toute la discussion sur le miracle, — aussi bien dans Orihodoxy que dans l'opuscule spécial consacré à ce sujet % — menée avec la verve que l'on devine, est toute