Orthodoxij, p
Et Chesterton prend vivement à partie les gens pratiques, les hommes d'affaires qui se targuent de n'être point « des intellectuels » :
Les idées sont dangereuses, dit-il, mais surtout pour
celui qui n'en a pas. L'homme sans idées éprouvera que
la première venue lui montera à la tête, comme un verre
de vin monte à la tête d'un abstinent \
Il sera à la merci de tous les entraînements de l'esprit. Contre ce danger, il n'y a qu'un remède : se saturer d'idées. Connaître les théories diverses, les critiquer et choisir avec réflexion parmi elles, voilà la seule issue possible.
C'est le vrai moyen de n'être ni un bigot ni un fanatique, mais quelque chose de plus ferme qu'un bigot et de plus terrible qu'un fanatique : je veux dire un homme d'opinion définie ^ [Bref], il faut avoir une croyance abstraite..., des convictions extrêmes ^... Les choses dont nous avons le plus besoin pour des buts immédiatement pratiques sont toutes des abstractions. Nous avons besoin d'une vue juste sur la destinée humaine, d'une vue juste sur la société humaine ''... Tout homme dans la rue doit \ embrasser une métaphysique et s'y tenir fermement \
La littérature même se trouvera bien de ce parti pris. Car au fond, rien n'est intéressant que la métaphysique et les dogmes. Celui qui n'a rien à nous dire sur les problèmes vitaux dont nous