‹ G. K. Chesterton, ses idées et son caractèreChapitre 8 sur 76 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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LA PHILOSOPHIE dVn HUMORISTE 19

sommes tous préoccupés, qu'il se taise. Tout homme qui compte a une doctrine abstraite, formule un enseignement dogmatique, relègue ses contradicteurs parmi ceux qui se trompent. Malgré leurs dénégations verbales, les écrivains affranchis, que Chesterton traite d'hérétiques, ne font pas exception. Ils enseignent, ils apportent leur message sur les questions suprêmes, ils veulent être pris au sérieux et crus. Pas de grand art sans philosophie. L'art pour l'art est un parodoxe décevant : l'artiste qui s'y tient restera forcément superficiel et vain.

Personne n'est assez sage pour devenir un grand artiste, sans l'être assez pour désirer être philosophe. Personne n'est assez énergique pour réussir dans l'art, sans l'être assez pour désirer dépasser l'art. Un artiste inférieur se contente de l'art. Un grand artiste ne se contente de rien, si ce n'est du tout... On peut exprimer cela, si l'on veut, en disant que, pour trouver de la doctrine, il faut s'adresser aux grands artistes. Mais la psychologie du sujet nous apprend que ce n'est pas ainsi qu'il faut poser la thèse. La thèse vraie, c'est que, pour trouver un art tant soit peu vivant et hardi, nous devons nous adresser aux doctrinaires \

Nous croyons connaître notre auteur. Des traits si accusés nous laissent une impression bien définie... Eh bien ! tournons la page, — n'importe quelle page, car chacune d'elles reflète les mêmes tendances, — et nous allons le voir avec un visage

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