CELTIQUE
(British Muséum.)
Celtes du Xord des Alpes. Ceux-là formaient une population d'agriculteurs, vivant dans l'abondance et le luxe ; ceux-ci, à demi nomades, étaient toujours prêts a coloniser n'importe quelle terre que leur épée de fer pouvait conquérir.
On admet que les aborigènes de Grande- Bretagne, refoulés ou absorbés pcO" les Celtes, appartenaient à la race ibérique, dont les Basques, les habitants du Sud-Ouest de l'Irlande, les Gallois non celtiques et quelques autres peuplades de 1 Europe, de petite taille et de teint brun, seraient les descendants.
L'invasion des Celtes se fit en deux vagues. La première fut celle des Goidels, représentes, de nos jours par les Ecossais des hautes terres, les Irlandais celtiques et les habitants de File de Man. La seconde, plus tardive, qui couvrit la majeure partie de l'Angleterre, amena les .frétons. Les Celtes du pays de Galles, les habitants de la Cornouailles et les Bretons proprement dits s'y rattachent. Quelquefois, les deux familles sont distinguées en Celtes P et Celtes Q, d'après une différence des mots équivalents de leur langage qui font emploi de l'une ou de l'autre consonne. Le Gallois, par exemple, se sert du mot ap, et le Gaël du mot mac, pour dire fils de. Une distinction
plus profonde resuite de ce fait que les premiers envahisseurs, les Goidels, appartenaient à la civilisation de l'âge du bronze, tandis que leurs successeurs, les Bretons, étaient déjà parvenus à l'âge du fer.
L'art britannique, a l'époque du bronze, se manifeste par la forme élégante des objets utiles. Les epées. les lances, les boucliers, les casques, les colliers, les bracelets, les fibules (fîg. 4), les vases, sont ornes de combinaisons fort ingénieuses, qui approchent de la perfection. Nos artistes modernes ont remis en honneur, pendant ces vingt dernières années, les principes d'art de l'âge du bronze. Même avec les ressources de notre civilisation, leurs œuvres ne
tiG. 7. — Collier d or
DE LiMAVADT.
(Musée de Dublin.)
dépassent point celles des Celles. Le torques d'or du Musée britannique est un exemple du bel art celtique. On pourrait en citer beaucoup d'autres dans les musées du Royaume-Uni. Mais il est remarquable que leurs ornements, qu'ils soient gravés ou repoussés, ne reproduisent jamais d'êtres vivants. M. Salomon Reinach a dit à ce sujet : C'est toujours et exclusivement l'ornement linéaire qui prévaut, comme si quelque loi religieuse, quelque crainte de maléfices magiques avait interdît de représenter des hommes ou des animaux. " Il est en effet fort possible que l'immuabilité de la forme d'art des Celtes n'ait pas tenu à d'autres causes ; que le Celte n'ait pas eu besoin, pour progresser, des idées venues de dehors. On
ne peut oublier l'influence considérable qu'a exercée l'interdiction de nature religieuse, désignée, aujourd'hui, par le mot tabou, sur l'art des Sarrasins. Cependant, peut-être aussi faut-il tenir un certain compte d'une qualité qui semble inhérente à la race ceU tique, et qu'elle a possédée depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours.
L'élément constitutif le plus simple de l'art FiG. 8. — Collier celtique est la ligne : c'est sur elle que tout se
DE BRONZE DE WrAXALL. fj 'i-Jl!" ] f^ ] ' C 't.
,,, , ^ r. ■ . , , ronde ; c est de la ligne que le L»auIois rait
(Musée de Bristol.) i i - i • i • i
la base même de ses conceptions. Lui seul, parmi les races européennes, a su développer la valeur expressive de la ligne, dans toutes ses combinaisons, et quelquefois sans recourir à d'autres moyens, pour produire le beau. En peinture, le sens de la ligne conduit d'ailleurs aux qualités que nous appelons le dessin, la composition, le rythme ; en sculpture, la ligne devient la condition de toute harmonie ; en architecture, son rôle est peutêtre encore plus capital. On ne peut donc pas s'attendre à ce qu une race douée d'une pareille tendance vers la création linéaire ait pu trouver beaucoup d'intérêt à l'imitation des formes naturelles, avant une période relativement récente de son histoire. Les simples aspects de la ligne et leurs combinaisons, qui peuvent être si éloignées de la simplicité, auraient été épuisés avant que l'artiste celte, en cela tout différent du chasseur de rennes, éprouvât le besoin de compliquer sa tâche par des imitations réalistes d'objets extérieurs. En un mot, c'est par le sens de la ligne et de tous ses dérivés que l'esprit de l'art celtique peut être suivi à travers les siècles ; c'est grâce à lui que l'architecture, la sculpture,
L'ART PRIMITIF
FiG. Q. — Anse
la peinture et jusqu'à la littérature des Celtes se classent à part parmi celles des autres peuples, y comprises celles des Grecs, dont elles se rapprochent le plus.
Dans les Iles Britanniques comme en France, les traces de l'art celtique a l'âge du bronze sont des pierres sculptées, des dcbris provenant de lieux habités, quelques trésors et des objets perdus par leurs possesseurs ou rencontrés dans des sépultures. Leur décoration linéaire est faite de chevrons, de triangles, de zigzags, de zones pointillées, de cercles concentriques et d'autres combinaisons tout aussi ingénieuses. L'Irlande ayant de vase antique. fourni les meilleurs exemples de l'art celtique, on (^^'^'y^/' ^i^seum,
, . , Lwerpoùl.)
a cru pouvoir en conclure que certaines de ces combinaisons y prirent naissance. L'hypothèse est mal fondée, car on a découvert, en d'autres lieux, des exemples plus anciens des mêmes formes. Les plus belles pierres sculptées des tumulus sont celles de New-Grange, près de Drogheda, et de Sliath-na-Calliaghe, près de Oldcastle, dans le comté de Meath, en Irlande. Le motif dominant de leurs gravures est la spirale. Elle se complique, à New-Grange, de hgnes diagonales, de chevrons et de points ronds ; à Sliath-na- Calliaghe, de roues et de dessins en forme d'étoiles. Il n'est pas impossible que la décoration de ces tumulus résulte d'un mélange de sang et d'idées entre les conquérants celtes de l'âge du bronze et les Ibères néolithiques parmi lesquels ils s'établirent.
La spirale ne se rencontre pas sur les menus objets de l'âge du
bronze trouvés dans les Iles Britanniques. On la croit originaire de Mycenes, d'où elle serait arrivée en Ecosse, dans le Nord de l'Angleterre et en Irlande, par le Nord- Est de l'Europe et la Scandinavie.
C est toutefois un moyen si naturel d orner une surface qu'il ne faut pas attacher plus d'importance qu'elle n'en mérite à la théorie de sa filiation. Les Maoris ont fait un grand
FiG. 10. - Disque celtique. "^^§^ 4^. ^f 'P^^^^^ ' °" ^^ P^^^ P^^
(Britisb Muséum.) dire qu ils la tenaient des Mycéniens.
FiG. II. — HiGH Cross
A MONASTERBOICE.
(Irlande.)
Comme nous l'avons vu plus haut, la civilisation de l'âge du fer fut apportée probablement, dans les lies Britanniques, par les Celtes bretons, au in' siècle avant notre ère. On la connaît également par des cbjets perdus ou recueillis dans des sépultures.
A l'âge du fer, les coutumes funéraires n'étaient point celles de l'âge du bronze. Les progrès de la civilisation avaient déjà commencé à les modifier. Parmi toutes les tombes de l'âge du fer, les plus anciennes sont probablement les tertres artificiels, ou mounds, des dunes du comté de York, près d'Arras. On trouva dans un de ces mounds un squelette de femme, des grains de verre, deux bracelets, des anneaux en or et en ambre et une paire de petites pinces. Un autre contenait le corps d'un homme couché sur le dos, avec les débris de son char, les squelettes de deux chevaux complètement harnachés et ceux de deux sangliers. D'un troisième mound, on retira les es d'un guerrier et les débris d'un bouclier, d'un char et du harnachement de deux chevaux, ainsi que les défenses d'un sanglier. Le savant Greenwell, dont les explorations ont contribué si puissamment à faire connaître l'âge du fer, en Grande-Bretagne, a trouvé dans une tombe, près d'Arras, un squelette de femme joint aux squelettes de deux sangliers. Cette même tombe contenait, de plus, un miroir en fer et les débris d'un char. D'une manière générale, d'ailleurs, les sépultures de l'âge du fer contiennent presque toujours des ossements de sanglier.
De toutes ces découvertes, celle que l'on fit en 1 879, dans les collines de Cotswold, â 7 milles environ de Gloucester, est peut-être la plus précieuse pour l'étude de l'art à l'âge du fer. En réparant une route, près de Birdlip, les ouvriers mirent au jour deux squelettes d'homme et un squelette de femme, contenus dans des tombeaux construits avec de larges dalles peu épaisses, disposées en forme de cercueil. Au squelette de femme étaient joints une coupe de bronze, une fibule en argent plaqué d'or, un collier de perles, un bracelet creux en bronze, un bout de clef, un manche de couteau en bronze décoré d'une tête d'animal cornu, et le beau miroir de 8
L'ART PRIMITIF
FiG. 12.
- Oratoire de Gallerus.
(Comté de Kerry.)
bronze qui est ici représenté (fig. 5). II serait difficile de montrer un objet d'art d'usage domestique d'une exécution plus parfaite que celle de ce miroir. Quoique moins importantes, des découvertes analogues ont eu lieu dans les comtés de Derby, de StafFord, de Devon, dans la Cornouailles et, à l'Est, dans le comté de Kent. Mais le nombre des tombes qui remontent à l'âge primitif du fer ou du dernier âge celtique est relativement peu élevé, en comparaison de celles des âges du bronze et de la pierre, ce qui semble indiquer qu'il ne s'est écoulé qu'une courte période entre l'introduction du fer par les Celtes bretons et la première apparition des Romains. Une importante série de découvertes fut faite, en 1886, près de Aylesford, dans le comté de Kent. Ce sont de nombreuses urnes et des objets qui démontrent l'existence d'une parenté étroite entre l'art de la Bretagne au commencement de l'âge du fer et celui de la période correspondante du
Continent. C'est aussi la preuve que les rapports entre la Bretagne et la partie occidentale de l'Europe, dans les temps préromains, furent beaucoup plus fréquents qu'on ne l'a cru tout d'abord. D'autre part, les restes trouvés sur des emplacements de lieux habités font supposer que les derniers habitants celtiques pratiquèrent les arts de la paix. On a bien rencontré quelques fourreaux d'armes, mais surtout des outils, des objets personnels ou domestiques, de la poterie et des monnaies.
La plus ancienne monnaie britannique est de l'âge du fer ; elle doit dater de l'an 200 à l'an 150 environ avant notre ère. On croit que son usage a été limité à la partie de l'Angleterre qui est
Fig. i3. — Porte a Maghera.
(Irlande.)
au Sud de la Tyne et à l'Est de la Severn. Le bouclier le plus remarquable a été trouvé dans la Tamise, a Battersea ; il est conservé au British Muséum (fig. 6). D'autres œuvres de haute valeur sont le poignard avec manche et fourreau de bronze, rencontré dans la Witham, près de Lincoln, et les casques d'Abbotsford et du British Muséum. Le premier de ces casques a été découvert à Torrs, dans le comté de Kircudbright ; le second a été retiré de la Tamise. Les trouvailles de harnachements, faites dans les Iles Britanniques, sont fort nombreuses. Le British Muséum
et les Musées d'Edimbourg et de Dublin possèdent quatre mors de bride d'une très grande richesse. Des objets personnels, les plus précieux, pour l'étude de l'art celtique, sont les torques ou colliers, les bracelets et les fibules. A cet égard, les musées britanniques sont tout particulièrement favorisés.
Outre le torques d'or du Musée de Dublin (fig. 7), dont la beauté l'emporte sur tous les autres, on peut encore citer le collier de bronze de Wraxall (fig. 8), au Musée de Bristol, et celui du Lochar Moss, au British Muséum. Un bracelet particulièrement soigné est à Altyre ; on l'a trouvé dans le voisinage de Forres. Les belles fibules ne se comptent plus. La décoration des objets d'usage domestique a le même caractère que celle des bijoux dont nous venons de parler (fig. 9) ; il n'y a pas lieu de nous y arrêter. Mais une forme de l'art celtique que l'on ne peut passer sous silence est l'émaillure. Les Celtes, avant l'arrivée des Romains, la portèrent à un haut degré de perfection. Auguste Franks a donné le nom d'opus britannicum aux émaux des Celtes britanniques. Il les considère comme les plus anciens de toute l'Europe occidentale. Ce sont les émailleurs celtes, et non point, comme on l'a cru, les enlumineurs irlandais du Vif siècle qui ont inventé la spirale divergente. Un fait digne de remarque est le caractère invariable des œuvres celtiques. L'ouvrier celte, comme nous l'avons dit, est toujours et exclusivement linéariste. La forme de ses œuvres ne dépend plus ensuite que de son imagination et de la nature de
Fig. 14. — Porte a Kilcroney. (Irlande.)
L'ART PRIMITIF
tiG. ib. — Tour DE Bréchin.
la matière qu'il emploie. On peut dire du Celte qu'il a été synthétique plutôt qu'analytique. Son désir a été de créer et non d'apprendre, de produire et non de reproduire.
L'art des Celtes se perdit, en Grande- Bretagne, sous le poids de la conquête romaine. Mais il se maintint en Irlande, où il accumula des œuvres qui ont fait de cette ile la plus riche de tous les pays en souvenirs celtiques. Pour la période préchrétienne, l'art des Celtes d'Irlande n'a rien qui le distingue de celui des Celtes d'Angleterre. Il serait superflu de nous y arrêter. Nous constaterons seulement que sa durée plus longue lui a donné une hardiesse plus grande que partout ailleurs. Un disque en bronze du British Muséum (fig. 10), une foule d'objets du Musée de Dublin en fournissent des exemples. Le christianisme fit son apparition, dans les Iles, vers la fin du IV« siècle ou au commencement du v^ De la Gaule occidentale, il se répandit dans la Cornouailles, le pays de Galles et l'extrémité Sud-Ouest de l'Ecosse. Entré en Irlande, par le comté de Wigtown, vers l'an 430 de notre ère, il y prospéra remarquablement. Au bout de très peu de générations, lona, à l'Ouest de l'Ecosse, et Lindisfarne, à 1 Est de l'Angleterre, eurent des églises créées par des missionnaires irlandais. Toutefois, la religion nouvelle mit du temps pour
réaliser une forme d'art que l'on puisse dire chrétienne. Elle n'y parvint d'ailleurs que par l'évolution de l'art païen. L'art irlandais de la décoration y a gagné de conserver, jusqu'au XIII" siècle, une homogénéité qui n'existe nulle autre part au même degré.
Les chrétiens celtiques de l'Irlande
ont excellé dans la taille de la pierre,
.. ^ ^ l'architecture, le travail sur métal, l'écri-
riG. 10. — Pied de calice i' i • i • i
d'Ardagh. *^^^ ^^ ^ enluminure des manuscrits. Les
(Musée de Dublin.) high cfosses (hautes croix), dont il existe
FiG. 17. — Crosse.
(Musée de Dublin.)
de fort beaux spécimens a Monasterboice (fig. 1 1), Clonmacnoise, Durrow et Tuam, sont les plus importantes des œuvres de pierre sorties de leurs mains. Leur art, autant du moins que le permettait la différence de matière employée, correspond a celui des œuvres sur métal. Leur décoration est purement celtique. La ligne en est toujours la base, avec la recherche des combinaisons qu'elle peut produire. On y trouve bien des figures animées ; les croix de Muirdach et de Monasterboice en sont même très abondamment pourvues. Mais ces figures, purement ornementales, ne sont jamais que le complément des panneaux décoratifs. En architecture, le Celte irlandais n'innove rien. Les qualités dont il fait preuve sont toujours les mêmes. Ce qu'il construit n'est nullement ambitieux, mais parfaitement approprié au but qu'il se propose. Les plus anciens travaux, dans cet art, sont les forts, ou duns, que l'on trouve en nombre considérable dans les comtés de Kerry, de Galway, de Mayo, de Sligo, de Donégal et d'Antrim. Ce sont des enceintes dont la maçonnerie en pierres sèches est souvent d'une perfection achevée. Elles contiennent des chambres dans l'épaisseur de leurs murailles et enclosent des huttes de petites dimensions, qui rappellent, par leur forme, les ruches d'abeilles et les nacelles. Les premiers monastères sont peu vastes. Celui de Skellig Michael, construit sur un rocher, dans l'Atlantique, à 1 2 milles du littoral de Kerry, mérite plus particulièrement d'être cité. 11 occupe, à 213 mètres audessus du niveau des eaux, un plateau de 55 mètres de long sur 30 mètres de large, où l'on accède par plusieurs cen- ^ ^ ^
. , , -Il • 1 1 Fig. 18. — Chasse de la
tames de marches taillées dans le roc. ^^^^^^ ^^ s^,^^ p^^^^^^^ Les premiers oratoires isolés tiennent (Musée de Dublin.)
L'ART PRIMITIF
FiG. 19. — Figures sur la
CHASSE DE SaINT-MaGWE.
aussi des duns. Nous donnons ici celui de Gallerus (fig. 12), situé sur la côte Nord de la baie de Dingle, dans le comté de Kerry.
L'état extraordinaire de sa conservation en fait le plus bel exemple de cet art.
Entre le vf siècle et le Vllf, on cesse de recourir à des maçonneries cyclopéennes. Peu à peu, la pierre et le mortier deviennent d'usage courant. Mais, durant cette période, où les constructions gagnent en harmonie, l'esthétique n'apparaît que dans la forme des portes et le percement de quelques fenêtres (fîg. 13 et 14). A la période primitive de l'architecture irlandaise, se rattachent les tours rondes, en pierres non équarries, avec joints remplis de mortier grossier, dont la destination est encore mystérieuse, et qui sont moins exclusivement irlandaises qu'on ne croit. Essayer d'éclaircir cette destination serait sortir des limites de ce manuel. Tout au plus pouvons-nous dire que l'opinion qui nous paraît la plus fondée considère ces tours comme des refuges contre les attaques des pirates Scandinaves. Au commencement du dernier siècle, les restes de cent dix-huit monuments de cette sorte existaient encore en Irlande.
L'Angleterre et l'Ecosse en ont vingtdeux. La tour la plus connue, en dehors des tours irlandaises, est en Ecosse, celle de Bréchin (fîg. 1 5).
Les œuvres sur métal produites par les chrétiens irlandais l'emportent en richesse sur celles des temps antérieurs (fig. 16, 17, 18 et 19). Leur décoration se complète par des motifs importés.
Mais jusqu'à la croix de Cong (fig. 20), où l'on peut voir l'expression suprême de l'art celtique, le caractère original ne change pas. La même remarque doit
Fig. 20. — Croix de Cong.
(Musée de Dublin.)
être faite pour les manuscrits avec enluminures, dont aucun ne remonte a une date plus ancienne que l'an 650 de notre ère. Le livre de Kells ", qui est le plus célèbre de tous, se distingue autant par les conceptions de son dessinateur que par l'habileté surprenante dont il a fait preuve. Malgré tout, les motifs qu'il contient résument ce que l'art celtique a accompli jusqu'à cette époque, plutôt qu'ils ne témoignent d'un véritable progrès. Il est vrai que la vie s'y manifeste ; mais les formes des objets naturels y sont tellement conventionnelles qu elles finissent par ne plus constituer que des motifs linéaires, comme tout le reste. Deux autres manuscrits, le livre de Durrow^ " (fig. 21) et le " livre d'Armagh ", sont
d'un goût plus sobre. Le second, qui est aussi le plus beau, remonte
aux environs de Tannée 840.
Fig. 21. — Ornements
DU LIVRE DE DuRROW.
(Trinily Collège, Dublin.)
(Cliché Lawrence.)
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FiG. 22. — CURIST ChURCH, CATHÉDRALE D'OXfORB.