B. XV
^1» Hritish Muséum.)
prodigieuse. Au moment de la Réformation, la cathédrale de Lmcoln comptait de SIX à sept cents vêtements ouvragés du plus fin tissu ; d'autres cathédrales n'étaient pas moins riches. Parmi celles des broderies de cette époque qui ont survécu, on peut citer : la chape de Saint-Sylvestre, à Saint-Jean-de-Latran (fig. 254et 239) ; une chape au musée de Bologne ; la chape de Daroca, a Madrid ; la chape du monastère de Syon, au Musée Victoria and Albert (fig. 253) ; la chape d'Ascoli, qui a passé par de si nombreuses et curieuses vicissitudes (fig. 255) ; la chape de Tolède, etc. Au XI l^ siècle, Yopus anglicanum (fig. 257) avait assez de renommée pour qu'on le mentionnât dans les chroniques. Sa vogue continua pendant le Moyen Age, où ses reproductions furent recherchées dans toute 1 Europe. Ce qui le caractérisait était une délicatesse de
dessin, jointe à une habileté très grande d'exécution. Un bon spécimen, remarquablement conservé, de broderie du Xiv^ siècle, a été donné au British Muséum par Auguste Franks ; mais les plus belles pièces sont à l'étranger, dans des trésors d'églises. La période brillante du travail d'aiguille prit fin, en Angleterre, dans la première moitié du XV' siècle.
Elle renaquit sous les Tudors, mais n'eut plus le même caractère national.
L'histoire de la tapisserie, dans les Iles Britanniques, est celle de beaucoup d'autres industries artistiques. Nous savons que des métiers à tisser fonctionnèrent pendant tout le Moyen Age.
En 1 344, on les réglementa par
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Fig. 266. — Page du .manii.scrit
DE HaRLEV 7026. FOLIO 4 B.
(Au British Muséum.)
une loi. Cinquante ans j^lus tard, le comte d'Arundel légua une collection de tapisseries, qui avaient été faites pour lui a Londres. En 1495, une tapisserie fut tissée pour le chœur de la cathédrale de Canterbury ; elle est actuellement a Aix-en-Provence. Au début du xvr siècle, une manufacture de tapis fut fondée a Barcheston, dans le comté de Warwick. Jacques I' fit établir cette fameuse fabrique a Mortlake, où elle a produit des œuvres qui ne le cèdent à celles d'aucun pays, sous le rapport de la solidité et de la beauté. On a fabrique a Mortlake une série de tapisseries, d'après les célèbres dessins de Raphaèl achetés aux tisseurs de Bruxelles, qui s'en étaient servis pour la décoration de la Chapelle Sixtine. Ces tapisseries furent commandées par Charles T' , qui, dit-on, se serait procuré les dessins dont il s'agit, sur les conseils mêmes de Rubens. Le garde-meuble de Pans en possède le plus grand nombre. Après la disparition de la manufacture de Mortlake, deux ou trois tentatives furent faites pour le rétablissement de l'art de la tapisserie en Angleterre. La plus sérieuse a été la fondation, il y a quelque trente ans, d'une manufacture de chaînes- basses a Old Windsor, avec l'aide d'ouvriers de Beauvais et d'Aubusson. Ses produits étaient solides, mais peu élégants. L'existence de cette
manufacture a été très courte.