DE MONMOUTH
(Abraliam Blooteling, d'après Sir Peter Lely.)
l'aurait fait un graveur sur cuivre. Il était donc obligé d'interpréter son modèle, qu'il ne pouvait copier servilement, et il en résultait qu'une estampe sortie de ses mains accusait forcément son individualité. Elle montrait la manière dont il avait saisi le sujet ; elle exprimait ses idées personnelles, toutes choses qui n'étaient possibles jadis que lorsque le dessinateur et le graveur ne faisaient qu'un. Ruskin a dit de Bewick qu'il fut un reformateur aussi hardi que Holbein, Botticelli, Luther ou Savonarole. La méthode qu'il inaugura, n étant point purement objective, convenait du reste tout particulièrement au génie anglais. Elle eut bien vite des continuateurs. Les principales œuvres de Bew^ick sont ses Quadrupèdes anglais, publiés en 1790, et ses deux séries d'Oiseaux anglais, qui parurent de 1 797 à 1 804. Après lui, les meilleurs graveurs sur bois furent Charlton, Nesbitt et Luke Clennell. Mais la gravure sur cuivre ne disparut jamais complètement. Cela tint, au moins en grande partie, à ce que beaucoup de graveurs sur bois, qui avaient commencé par graver sur cuivre, exercèrent leur second
métier sans renoncer au premier. Robert Branston, John Orrin Smith, William Harvey et tant d'autres illustrateurs d'ouvrages, avant que la photographie n'eût donné naissance a des procèdes de reproduction mécanique, furent de ce nombre.