PAR UN IMITATEIR DE HOLBEIN
d'une faveur exceptionnelle. Les inclinations nationales ne changent pas facilement, et parmi les quelques peintures importantes qui nous viennent de la période gothique, on en peut citer plusieurs, comme les portraits de Jacques III d'Ecosse, de sa femme Marguerite de Danemark, de Sir Edward Boncle, et les panneaux d'Holyrood attribués à Hugo Van der Goes, qui se recommandent par des dimensions presque inconnues en d'autres pays.
Mais les méthodes employées en matière de peinture furent brusquement transformées par le génie de Holbein. Au XV!-^ siècle, où les moyens de publicité n'existaient guère, un portrait n'était fait que pour être apprécié du cercle intime de la famille et des amis du personnage représenté. Holbein eut le mérite de faire des peintures qui s'adressaient à la fois aux personnes ne voyant dans le tableau qu'une reproduction plus ou moins fidèle de la forme humaine et a toutes celles qui étaient capables d'apprécier l'œuvre d'art par ellemême. Un tableau comme la Duchesse de Milan, par exemple, était fait pour provoquer l'admiration du connaisseur, en même temps qu'il attirait l'attention du profane, qui ne considérait que la ressemblance. C'est l'exemple de Holbein qui, pendant près d'un siècle, jusqu'à Samuel Cooper et Van Dyck, a regi la peinture anglaise.
L'œuvre personnelle de cet artiste sort du cadre de notre manuel. Mais l'influence qu'il a eue sur la peinture anglaise nous oblige a lui consacrer quelques lignes de biographie. Holbein naquit à Augsbourg, en 1497, et mourut à Londres en 1543. Il fit deux séjours en Angleterre, le premier de 1 526 à 1 528, le second de 1 532 jusqu'à sa mort. Holbein travailla pour la Cour, l'aristocratie anglaise et des Allemands établis en Angleterre. On suppose même qu'il a peint toutes les femmes du roi et le roi lui-même. Holbein se rendit plusieurs fois à l'étranger pour peindre d'autres grandes dames auxquelles Henri VIII se proposait de faire l'offre dangereuse de sa main. L'artiste fit son testament le 7 octobre 1 543,
LA PEINTURE DANS LES ILES BRITANNIQUES
FiG. 3oo. — Edmond Butts,
PAR John Bettes.
(A la Galerie nationale.)
et un liquidateur de sa succession fut nomme le 29 du mois suivant.
Il mourut donc entre ces deux dates.
L'œuvre de Holbein est peutêtre plus homogène et d'une perfection plus soutenue que celle de tout autre peintre. Ses compositions sont d une importance très variable ; mais ce qui ne change pas est leur perfection.
Holbein n'est jamais ni insouciant ni négligent. Ses miniatures des deux fils de Charles Brandon, duc de Sufîolk, sont aussi soignées que sa Vierge de Darmstadt, ses Ambassadeurs ou son George Ghisze. A son fonds d'éducation germanique, Holbein unissait l'élégance et la réserve latines. Aucun portraitiste pourtant n'a été plus réaliste, et il en est bien peu dont le dessin et le coloris soient supérieurs aux siens. II serait peut-être plus exact de dire que Holbein, comme coloriste, n'a été égalé par personne. Son génie peut être comparé a la lumière
du jour traversant des vitraux. Il harmonise les teintes qui paraissent s'y prêter le moins. Parmi ses tableaux, nous citerons, de préférence, à côté des œuvres déjà rappelées, le Duc de Norfolk, ^ Windsor ; le Portrait d'un jeune homme, à Vienne ; Thomas Morrett, a Dresde, dont le type anglais écarte l'hypothèse d'un Italien ou d'un Français et donne raison à la tradition, qui veut y reconnaître le joaillier de Henri VIII; Sir Bryan Tuke, à Munich, et Sir Thomas More, dans la collection de M. Edouard Huth.
Le meilleur de ses tableaux a été, peut-être, le groupe des deux rois,
FiG. 3oi. — Portrait d'un inconnu (A l'AsIimolean Muséum Oxford.)
Henri VII et Henri VIII, avec leurs femmes. Ce tableau n'existe plus ; il a été détruit en même temps que Whitehall ; mais le duc de Devonshire en possède un dessm, qui ne fait que davantage regretter la perte de l'original.
Woltmann a écrit qu'en Angleterre Holbein a dû travailler complètement seul, sans élèves ni aides '. Il ajoute que son style n'y trouva point d'imitateurs ". Cette assertion n'est certainement pas exacte et peut provenir de ce qu on ne connaît point d élevé immédiat de Holbein qui se soit fait un nom en Europe. En Angleterre, les tableaux inspirés de Holbein sont, au contraire, des plus nombreux. La plupart n'ont que peu de valeur : mais il en existe dont la facture nous prouve que des hommes de talent comptèrent parmi les élèves ou les disciples du grand peintre allemand. On ne peut attribuer de tableaux, avec quelque certitude, qu'a deux de ces hommes : John Bettes, qui travailla avec son frère Thomas sous les règnes d'Edouard VI, de Marie et d'Elisabeth, nous a
laissé un excellent portrait d'inconnu, qui est à la Galerie nationale ; Gwillim Strete, ou Stretes, paraît avoir signé de ses initiales un portrait qui se trouve dans la collection de Lord Yarborough ; peut-être aussi faut-il lui attribuer les portraits en pied du Comte de Surrey, à Hampton Court et, au château d' Arundel, le portrait d' Edouard V I , qui était en 1 902 à l'exposition des Old Masters ". La copie de la Jane Seymour de Holbein, au musée de La Haye, paraît également de Strete. On a prétendu, mais en ne se fondant que sur la forme du nom, que cet artiste était flamand. Il est probable, de toute manière, qu'il étudia sous Holbem.
Un grand nombre d'autres artistes ont travaillé sous les mêmes règnes. Certains de leurs noms et beaucoup de leurs œuvres ont survécu : mais les preuves manquent pour faire la part de chacun. On connaît des tableaux de Sir Robert Peake (1 590 ?- 1667), Richard Lyne (qui travaillait en 1 582), Richard Steven (vers 1 590 ; peut-être d'origine hollandaise), et seulement les noms de John Bossam, d'Edward Courtenay, comte de Devon, de John Shute,
FiG. 3o2. — William Stocke (?).
(Au Worcester Collège, à Oxford.)
A PEINTURE DANS LES ILES BRITANNIQUES
FiG. 3o3. — Portrait
d'un navigateur.
^A la Galerie de l'Université, à Oxford.)
de Nicholas Locki ou Lockey et de quelques autres. Il est même curieux de constater, à cette occasion, combien peu de peintures anglaises, antérieures au XlX siècle, sont signées.
Si chaque artiste avait eu moins de modestie, ne fût-ce que pour un seul de ses tableaux, la tâche des historiens d'art serait, de nos jours, singulièrement facilitée.
Un peintre de talent, de la seconde moitié du XVl' siècle, fut Georges Gower, qui devint, en 1584, peintre de la Chambre (sergeant painter) de la reine Elisabeth. Son portrait, par lui-même, signé et accompagné de notes biographiques, appartient a M. Georges Fitz William, de Milton (Northants). On peut aussi reconnaître le pinceau de Gow^er dans deux bons portraits d'adolescents, sur un même panneau, qui font partie de la collection de Lord Strathmore. Ils représentent le neuvième baron Glamis et son secrétaire, Georges Boswell. Vers la fin du règne d'Elisabeth et sous les règnes de Jacques 1" et de Charles 1", un autre artiste, d'une habileté considérable, fut Sir Nathaniel Bacon, chevalier de l'ordre du Bain, de Culford, dans le comte de SufFolk. 11 était le fils de Sir Nicolas Bacon, le premier des baronnets, et, par suite, le neveu du grand Bacon. Sa naissance se place vers 1 583 et sa mort en 1627. On connaît de lui au moins trois bonnes œuvres : d abord, deux portraits qui le représentent ; ensuite un intérieur de cuisine, appelé la Cuisinière, qui appartient a Lord Verulam, a Gorhambury. L'un des portraits appartient à M. Nicholas Bacon, de Raveningham Hall, Norvvich ; le prince Frédéric Duleep Singh lui a consacre un article dans le Burlington Magazine du mois de juillet 1907. Les portraits de la série Tradescant, au Musée Ashmoleen d'Oxford, valent encore mieux que les précédents. La plupart sont probablement dus à un artiste appelé de Cntz (ou de Crats), qui appartenait à une famille employée à la Cour, sous les règnes d'Elisabeth, de Jacques I" et de Charles I'. Mères, dans la Wits Commonwealth, publiée à Londres en 1598, parle d un John de
CKANDE-BRl.TACNE ET IRLANDE
Cretz, célèbre par ses tableaux. 11 travailla a la tombe d'Elisabeth, à l'abbaye de Westminster. Ce John avait un frère, nomme Thomas, aussi bon peintre que lui-même. On connaît aussi un Olivier et un Lmmanuel qui lui étaient apparentés. Un beau portrait du premier est au Musée Ashmoleen. John et Emmanuel furent probablement, l'un et l'autre, peintres de la Chambre de Charles I ". Quand la collection de ce roi fut vendue, ils achetèrent, nous dit Walpole, pour 4 999 livres de tableaux.
Si l'un de ces artistes est l'auteur des portraits Tradescant, on peut dire qu'il fut le meilleur peintre national de son époque, titre qui lui est attribué par Robert Walker, l'artiste préféré de Cromwell. De Critz a peint les plafonds du Double Cube ', à Wilton, et Pepys le mentionne comme l'auteur d'un portrait qui fut payé, y compris le cadre, un peu moins de 90 francs de notre monnaie. Il est difficile que le nom de ce peintre soit anglais ; mais, comme les archives françaises ou flamandes n'offrent rien qui concerne de Critz, on a tout lieu de supposer que sa famille vivait en Angleterre et qu'il y naquit.
Avant Van Dyck, le dernier nom à citer est celui de Cornélius Jonson ou Janssen van Ceulen. Ce peintre naquit a Londres en 1 593, et mourut en Hollande, en 1 664. Il ne lui a manqué que d'être un coloriste mieux doué pour occuper un très haut rang parmi les peintres du XVIi" siècle. Les meilleures œuvres que Ton
ait de lui, en Angleterre, sont une tête du comte de Portland (fig. 306), à la Galerie nationale des portraits ; une tête de même style, à la Galerie nationale irlandaise, et un portrait de femme (fig. 307) faisant partie de la collection de Mme Joseph. Les deux portraits d'homme ont, avec le style de Dobson, une ressemblance qui ne se retrouve point dans les œuvres plus récentes du même artiste. On a dit que Jonson dut quitter l'Angleterre par suite de la rivalité de Van Dyck ; mais cette assertion n'est pas exacte. Le Rijks Muséum d'Amsterdam a une peinture signée : Corns. Jonson Londini
Fig. 304. — Portrait
d'une inconnue.
(A l'Ashmolean Muséum Oxford.)
l'Ki. 3o5. — John Bi'i.i..
{Aux l':c()les.,i Oxlord.)
LA PEINTURE DANS LES ILES BRITANNIQUES
fecil, / 648, et c'est en cette même année, c'est-a-dire sept ans après la mort de Van Dyck, que Jonson obtint l'autorisation de quitter les Iles en emportant ses meubles.
Van Dyck (1599-1641) vmt en Angleterre, pour la première fois, en 1 62 1 , mais pour très peu de temps. En 1630, il y revint dans les mêmes conditions, et ce n est qu'en 1632 qu'il y établit son domicile, à la demande de Charles I '.
Van Dyck habita Blackfnars (Londres), ou, pendant neuf ans, il vécut largement de son travail, tout en dirigeant le nombre considérable de ses élèves et de ses collaborateurs. Ce fut peut-être le plus impressionnable de tous les grands peintres. A peine en Angleterre, il cessa de travailler à la manière vénitienne et adopta une méthode qui a pu lui être suggérée par les œuvres de Samuel Cooper. Van Dyck a beaucoup produit pendant les neuf dernières années de sa vie, et quelquesunes de ses compositions anglaises ne le cèdent en rien a celles de la période génoise de sa carrière. Cependant certains de ses tableaux sont négligés et ne valent pas les copies de ses meilleures œuvres faites, sous ses yeux, par les plus habiles de ses élevés. Cette assertion parut évidente, en 1900, lorsque cent vingt-neuf tableaux, attribués a Van Dyck, furent réunis a Burlington House. Les meilleurs et les plus mauvais portaient manifestement sa marque ; il ne pouvait y avoir de doute que pour des tableaux de facture moyenne. Les trois manières de peindre de Van Dyck sont aujourd'hui bien représentées à la Galerie Nationale : la première, ou manière flamande, par le portrait en buste de Cornelis van der Gheest ; la seconde, ou manière génoise, par les portraits acquis récemment du Marquis Cataneo ; enfin, la troisième, ou manière anglaise, par le superbe portrait équestre de Charles 1 ' provenant de Blenheim Palace,
Autant qu une école de peinture puisse avoir pour origine le
talent d un seul homme, et qui plus est d'un étranger, l'école anglaise
moderne est née de Van Dyck. Holbein a joui, a son époque,
d une très grande renommée ; mais son tempérament germanique
CRANDE-BRETAGNi: ET IRLANDE
i'empècha de devenir le chef d'une école anglaise. Van Dyck fut tout autre. Touche par le genius loci, sinon par les œuvres des artistes du pays, ce Flamand, des son arrivée en Angleterre, s'imposa à la majorité des peintres, en créant un style en harmonie avec l'art britannique. Toutefois, la plupart des élevés immédiats de Van Dyck furent des étrangers. Le meilleur est probablement Jean de Reyn ; ce peintre se rapprocha a un tel point de son maitre que ses œuvres, le plus souvent, lui sont attribuées. De Reyn passa les trente dernières années de sa vie à Dunkerque, ou il peignit de nombreux tableaux d*eglise. Un autre bon élevé de Van Dyck fut le Hollandais David Beek. Sa facilité était telle que Charles I" lui aurait dit un jour, s'il faut s'en rapporter aux chroniques de Descamps : * Parbleu Beek • J^ crois que vous peindriez à cheval et en courant la poste ".
Indépendamment des peintres qui se formèrent a son école. Van Dyck employa, dans ses ateliers, plusieurs artistes qui avaient étudié ailleurs. De ce nombre, furent : Adrian Hanneman, élève de A. van Ravesteyn et de Daniel Mijtens le Vieux ; Peter Lely, qui ne connut Van Dyck que pendant quelques mois, et deux Anglais : William Dobson et Henry Stone, désigné sous le nom de Stone le Vieux.
Dobson s'était formé à l'école de Sir Robert Peake, mais en restant probablement sous l'influence des œuvres de Cornélius Jonson. Il se
trouvait presque dans la misère quand Van Dyck l'employa dans ses ateliers. Dobson travailla, pendant un certain temps, pour le célèbre artiste, bien que son style fût entièrement différent du sien. A la mort de Van Dyck, il devint peintre attitré du roi, ce qui ne l'empêcha pas de mourir dans l'indigence cinq ans plus tard. Les tableaux que l'on attribue à Dobson sont fort nombreux ; mais un triage difficile s'impose. Quelques-uns des portraits qu'il a peints, comme
Vu,. 3o6. — Comte de Portland, i • j'r: j • D ^x.
celui d hndymion rorter
(A la Galerie Nationale des portraits.) (fîg. 308) que pOSSedc la Gdlc-
Ib2
FiG. 307. — Portrait
ll"r.NK INCONNrE. PAR L JONSON.
(<Jie~ Mme Joseph.)
l.A PElSrilRE DANS LES ILES B R f TA X \ I Qi ES
rie Nationale, ont une haute valeur.
Henry Stone était le fils d'un homme de talent, Nicholas Stone, bon sculpteur et maitre maçon de Jacques V\ 11 a copié avec application, mais lourdement, beaucoup de tableaux de Van Dyck et de quelques autres pemtres. Stone est mort à Londres, en 1653.
D'Edouard Bower, qui mérite aussi d'être cite, existe un remarquable tableau représentant Charles t' devant ses juges ; il appartient au duc de Rutland. On a, enfin» aux Ecoles d'Oxford, un bon portrait, par Nicholas Lanier, qui paraît inspiré de Van Dyck.
Entre Dobson et Stone le Vieux, doit prendre place un artiste de grand mérite, George Jamesone, que l'on a appelé, fort improprement, le Van Dyck écossais. Jamesone naquit à Aberdeen, dans le dernier quart du xvr siècle. Il étudia à Edimbourg, en 1612, et reçut, dit-on, a Anvers, des leçons de Rubens. Ses œuvres cependant ne se ressentent en aucune façon du talent de ce grand peintre. D'après la tradition, Hélène Fourmeni, seconde femme de Rubens, aurait appartenu à la famille des Forman d' Aberdeen. Si cette tradition était fondée, on pourrait mettre sur le compte des relations d'amitié entre les Forman et Jamesone le séjour, difficilement explicable d'autre manière, que celui-ci aurait fait a Anvers. L Ecosse, surtout, a de nombreuses peintures de Jamesone. Leur coloris est monotone ; elles manquent de vigueur, mais sont soignées, d'une pâte peu épaisse et lumineuse. Ce peintre mourut en 1 646 ; sa tombe est dans le cimetière des Franciscains à Edimbourg.
Des la fin de la première moitié du XVlir siècle, le nombre des peintres d'origine anglaise s'accrut rapidement. L'exemple de Van Dyck fit éclore des talents qui ne portèrent point l'art au niveau élevé où nous le trouverons au XViir siècle, mais n'en méritent pas moins d'être rappelés.
Le Commonwealth (Protectorat de Cromwell) fut, pour les arts, une période languissante. Cependant Lely fonda une école et fut
C R A \'nF RR r-TA CNR ET 1 RI. A N DE
imite par Robert Walker et Samuel Cooper, qui firent 1 un et l'autre, plusieurs fois, le portrait de C>romwell. La série des peintres anglais, qui s'est continuée jusqu a nos jours, a commencé avec les disciples de Lely.
Sir Peter Lely naquit à Soost, près d'Ulrecht, en 1618. Une confusion entre cette ville et une autre de même nom, située en Westphalie, l'a fait cataloguer, bien a tort, parmi les peintres de l'école allemande. Son père était un capitaine, appelé Van der Faes, qui avait changé de nom. Lely étudia a Haarlem, sous la direction de Pieterde Grebber, et ne vint en Angleterre qu'en 1641, peu de temps avant la mort de Van Dyck. Comme celui-ci, il se créa rapidement un style en rapport avec le milieu ou il était appelé à vivre. Il en fut récompensé par une vogue qui dura jusqu'à sa mort, en 1680.
Lely fit appel à de nombreux collaborateurs. Son œuvre est considérable, mais n'a pas été, jusqu'ici, étudiée complètement. Autant que nous puissions en juger par ceux de ses tableaux qui portent son monogramme, les peintures de cet artiste sont d'un dessin généralement soigné, quelquefois irréprochable. Ce fut un coloriste agréable, porté vers les tons sombres, surtout dans les premiers temps. Son modelé est plus soigné que celui de ses disciples. L'un de ses meilleurs tableaux représente Charles Dormer, Comte de Carnavon, avec sa femme et ses deux enfants ; il appartient à Sir Algernon
Coote, de Ballyfin (Quen's County, Irlande). Ce Comte de Carnavon, troisième du nom, était le fils de Robert, qui trouva la mort à la première bataille de Newbury. Une autre bonne peinture, où figurent trois hommes, est a Christ-Church, à Oxford. Dans la longue liste des portraits attribués à Lely, que possède la Galerie Nationale, ceux qui lui appartiennent le plus sûrement sont : le Duc d'Albemarle, le Duc de Buckingham, Charles II, Marie Davis, Nell Qwyn, la Comtesse de Shrewsbury, IVycherley, la Duchesse de York et sa propre
Fi(i. 3o8. — Endymion Porter.