CRAN DE- BR F. TA C.NE
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3i(). — .Miss Jane Kellewav.
PAK SIR Peter Lei.v.
^V lia m pion Court.)
Elle travailla considérablement, ainsi que le prouve le journal de son mari cité par Walpole, d après les papiers de Vertue. Sa naissance se place en 1632 et sa mort en 1697. Ses portraits sont nombreux, mais beaucoup sont attribués à Lely. Marie Beale a une propension aux couleurs positives plus marquée que celle de Greenhill ou de Lely. Elle dessinait, en général, moins bien qu'eux, et ses modèles sont plus plats que les leurs.
On connaît encore, par leurs noms, d'autres élèves de Lely ; mais il est impossible de leur attribuer des tableaux.
Une exception doit être faite cependant pour John Hayls, le peintre habituel de Samuel Pepys. Son portrait de Pepys lui-même est à la Galerie Nationale des portraits (fig. 3 1 3) ; plusieurs portraits de la famille Russell sont à Woburn. Nous citerons encore, parmi les peintres de la même période : William Reader (ou Rieder), dont un bon tableau existe au Musée Ashmoléen ; Anne Killigrow, rendue célèbre par Dryden ; Edw^ard Haw^ker, qui acheta la maison et l'atelier de Lely à la mort de ce peintre ; Sir John Gawdie, sourd et muet, et William Shepherd. Ce dernier, toutefois, vécut un peu plus tôt. Il fut le maître de Francis Barlovv^ (mort en 1 702), qui naquit dans le comté de Lincoln et dont le talent d'animalier eut beaucoup de succès. Shepherd fut aussi graveur : son édition illustrée d'Esope est bien connue. Hollard a travaillé d'après ses dessins.
Un style différent fut représenté, au XVIK siècle, par les disciples d'Isaac Fuller, dont nous reparlerons dans quelques instants. John Riley, le meilleur d'entre eux, né en 1646, aurait pu devenir un peintre de haute valeur ; les circonstances ne s'y prêtèrent pas. Christ-Church,a Oxford,a de lui un tableau, le Marmiton, qui n'est pas mauvais. Le paysagiste Thomas Manby, les deux Joseph
LA PEINTURE DANS LES ILES BRITANNIQUES
Michael Wright, l'oncle et le neveu, dont le premier fut l'élève de Jamesone et le maitre d'Edmond Ashfield, sont aussi les auteurs de quelques bons portraits conserves a Burghley House.
Jusqu'ici, nous avons pu constater que les peintres étrangers qui vinrent en Angleterre y exercèrent une influence heureuse. Holbein aurait pu fonder une école, si la forme de son talent s'y était prêtée ; Van Dyck eut des élèves, et, s'ils ne produisirent point, au XVH" siècle, les belles œuvres de leurs successeurs du XVIU', le puritanisme et les guerres civiles en furent surtout la cause ; Lely, encore que superficiel, fut un peintre de haute valeur. Il rendit au moins à l'art anglais le service de barrer la route à des étrangers sans talent comme les Hoogstraten, les Gascar, les Verelst, les Huysman, les Soest, les Wissing, etc., qui n'auraient pu que corrompre le goût. Il nous reste à parler d'un autre étranger, Kneller, de Lubeck, qui, du vivant même de Lely, mais surtout après la mort de cet artiste, eut une vogue surfaite. De tous les peintres qui monopolisèrent, en quelque sorte, la renommée, Kneller est peut-être le moins intéressant. Il savait placer son modèle aussi bien que pourrait le faire un photographe moderne. 11 ne dessinait pas sans habileté. Mcus, quand on considère ses tableaux, on demeure convaincu que sa principale et peut-être sa seule préoccupation a été de satisfaire ceux qui l'employaient, en ne dépensant que le moins possible de pensée et d'effort. La vie de Kneller a été funeste à la peinture anglaise ; à cause de sa vogue, les autres artistes durent se condamner a l'imiter ou à mourir de faim. De temps a autre, quand on étudie les œuvres de ces artistes, depuis la mort de Lely jusqu'à la venue de Hogarth, on leur découvre des qualités qui nous montrent ce qu'ils auraient pu faire si la tyrannie de Kneller ne les en avait empêches.
Quant aux œuvres de Kneller luimême, leur valeur est très variable : certaines témoignent d'une vigoureuse facilité ; d'autres sont mauvaises. On peut citer, parmi les meilleures, les deux portraits de YEvêque j^tterbury et de Sir
FiG. 3ii. — Comtesse de (jramont.
PAR SIR Peter Lei.y.
(A Hampton ('oiirl.)
CRANDi: HRF/r.iGNf-: l:T IRLANDE
Jonathan Irelawncy, baronet, qui sont a Christ-Church, a Oxford et le portrait de Goclert de Cinl^cL Comte d'Athlonc, que possède la Galerie Nationale des portraits. Pour cette dernière œuvre, toutefois, l'artiste s'est visiblement inspiré du Charles /' ' de Van Dyck. Les contemporains de Kneller l'imitèrent si fidèlement que leurs peintures n'ont presque pas besoin d'être mentionnées a part. Dans celles du Suédois Michael Dabi et surtout de l'Ecossais Jérémiab Davison et de l'Anglais Jonatban Ricbardson, on soupçonne des facultés qui, moins comprimées, auraient certainement produit d'excellentes œuvres. Lord Morton possède à Dalmahoy, près d Edimbourg, un tableau peint par Davison, qui dénote un très grand talent ; un autre est à Drayton House, comté de Northampton, chez M. Stopford Sackville. Tous deux sont signés. Jonathan Richardson a un portrait en pied de Sir HansSloane au musée Bodley. 11 nous montre que ce peintre, d'ailleurs courageux, ne manquait pas d habileté pour la résolution des problèmes difficiles. Richardson eut pour élève Thomas Hudson, qui fut lui-même le maître de Reynolds. C'est le dernier peintre que nous ayons à citer de l'école de Kneller. Hudson fut, a ce qu'il semble, un artiste aimable, nullement aussi incapable qu'on le suppose. Cependant il est difficile de se faire une idée complète de son talent, car il ne peignait guère que les têtes et les mains, et laissait à des collaborateurs, dont
les capacités variaient beaucoup, le soin de terminer ses tableaux.
Son portrait de Samuel Scott, a la Galerie Nationale, est chaud et lumineux ; mais on connaît de lui d'autres portraits qui sont, au plus haut point, mécaniques et froids.
Nous sommes obligés de revenir en arrière pour dire quelques mots d'un genre de peinture qui n'a jamais eu beaucoup de faveur en Angleterre, dans les temps modernes. Nous voulons parler de la décoration des murailles et des plafonds des édifices civils. Le spécimen le plus ancien que nous puissions
FiG. 3l2. — MiSTRESS JaNK i\IlDDLKTO^
PAR John Grkknhii.i. (?i.
C \ la (lalcrie Xationalc des purlraits )
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FiG. 3i3. — Samuel Pepys,
PAR John Hayi.s.
lA la Cialcric Sjlidiialc des purtraits.)
^ - LA PEINTURE DANS LES ILES BRITANNIQUES
citer de cet art est le plafond de la salle des banquets de Whitehall, peint par Rubens, et qui a été restauré récemment,au moins pour la quatrième fois. On a un grand nombre d'esquisses des peintures murales de Whitehall, qui nous font supposer qu'elles furent, dans leur état primitif, une des meilleures œuvres de ce genre.
Le sujet qu'elles représentent est, en neuf panneaux, l'histoire de Jacques I'. La peinture a été faite sur toile et marouflée. On la posa entre la fin de 1635 et le milieu de 1636, et la somme payée à Rubens fut de 3000 livres, ce qui représenterait, à notre époque, environ 250000 francs. La plus ancienne peinture anglaise murale qui subsiste est le plafond du Sheldonian Théâtre, exécuté en 1669, par Robert Streater. Cet artiste fit aussi, pour Ail Soûls Collège, une peinture de retable qui a été enlevée vers ! 872, lorsque les restes du magnifique retable gothique (fig. 1 36), depuis lors restauré, furent mis au jour. Le plafond du Sheldonian Théâtre est surtout caractérisé par un manque absolu de valeur décorative. Un autre peintre qui travailla, à Oxford, a une œuvre quelque peu similaire, est Isaac Fuller, dont nous avons dit qu'il fut le maître de John Riley. Fuller naquit en 1606 ; il reçut, en grande partie, son instruction à Pans, sous la direction de François Perner. Son portrait, œuvre de beaucoup de caractère faite par lui-même, est au Collège de la Reine. Le succès momentané des peintures murales de Streater et de Fuller amena en Angleterre la foule habituelle des étrangers qui comptaient y travailler. Les Iles étaient alors remplies de murailles blanches qu'il fallait décorer. On aurait pu le faire en utilisant et encourageant le talent des peintres anglais. On préférera livrer ces murailles a des étrangers qui ne produisirent aucune œuvre de valeur. Deux d'entre eux, Verrio et Laguerre, eurent du talent comme peintres ; mais ils furent inhabiles à la décoration. Le plus mauvais a été Verrio. Son goût italien déplorable, très accentué, le rendit inférieur a Laguerre, qui
- GRANDF RRETACNF. fl IRLANDE
possédait au moins ce que les Goncourl ont appelé le mauvais bon goût " du Français. La meilleure œuvre de Vcrrlo est probablement le grand salon de Burghley ; celles de Laguerre sont les peintures qui lui furent commandées par Sir Godefrey Kneller, a Whitton Hall, près de Tw^ickenhain (Kneller Hall). Un des spécimens les plus mauvais de l'art de Verrio est la décoration du grand escalier du Roi, a Hampton Court, ou il eut l'idée malheureuse de supprimer les corniches et les pilastres, sans doute afin de bien montrer combien il lui était possible de les imiter. Ce fut probablement la facilité avec laquelle les artistes étrangers obtenaient des commandes qui détermina le jeune James Thornhill, cadet d'une famille ancienne mais peu fortunée, a s'intéresser a la peinture décorative. Il se distingua de ses rivaux, sinon par son talent, du moins par une plus grande reserve et un meilleur sentiment des convenances locales. Ses peintures du dôme de l'église Saint- Paul nous prouvent qu'il aurait pu devenir, avec un peu plus d'expérience, un artiste fort acceptable. Son gendre, Hogarth, fit aussi des peintures murales, comme le Bon Samaritain et la Piscine de Beihesda, qui sont à l'hôpital Saint- Bartholomew. L'Ecossais Alexandre Runciman (1736-1785) est peut-être celui qui a montré le plus d'habileté dans cette forme d'art. Il décora le grand salon de Penicuik House, prés d'Edimbourg, avec des scènes tirées
d'Ossian, et une coupole de ce même monument avec d'autres scènes empruntées à la vie de Sainte- Marguerite d'Ecosse. Il ne reste rien des premières :
elles furent détruites, en 1899, par un incendie, mais nous les avons vues. Ces peintures étaient d'une tonalité trop sombre pour leur destination, encore qu'elles dénotassent beaucoup de talent. John Runciman (1744-1768), le plus jeune des frères d'Alexandre, promettait beaucoup ; il vécut trop peu pour devenir célèbre.
F1G.314.-CHIFFINCH. PAR John RiiHv. ^^^ dernières productions
I \ la Galerie Xationaïc dc.^ pnriraits.) murales du Style qui commcnça
LA PEINTURE DANS LES ILES BRITANNIQUES
avec Rubens furent la décoration, entre les années 1777 et 1781, de la grande salle de la Société des Arts, par James Barr>\ et les peintures du grand escalier de Burghley, comte de Northampton, par Thomas Slothard (fig. 372), entre 1 780 et
A partir de ces productions, la peinture murale prit, en Angleterre, une orientation toute différente.
L'une des causes du peu de crédit que l'on accorde, en Angleterre.
a la peinture murale, tient a l'habitude de laisser a des amateurs la surveillance de ce genre de travail et de les rendre responsables du
résultat. Une erreur est toujours possible ; mais il faut que celui qui a la surveillance soit en état de se former un jugement sur les causes de cette erreur. Au lieu d'être effraye par quelque insuccès initial, l'homme qui sait corrige et se remet a l'œuvre. C est trop demander à de grands personnages — évéques, généraux, présidents de la Chambre des Communes, huissiers de la verge noire, lords commissaires de la trésorerie — que de les charger de telles surveillances. Ne sachant ni tirer parti de l'échec, m en saisir les causes, ils en arrivent à se persuader que la solution préférable est de renoncer à l'entreprise. Ce qui a été fait dans la Cite et au Royal Exchange témoigne a la fois de la compétence de beaucoup d'artistes anglais et de l'absurdité des errements suivis. Dans tous les essais de décoration de monuments, ceux du Parlement, par exemple, les insuccès sont une confirmation de ce que nous venons de dire.
Fl(i. 3l5. — GODERT DK GlNKEl..
PAR KnELLKR.
lA la (icileric Xatiotiale de hublin.)
(Pour la Bibliographie, voir à la fin du chapitre XV L)
Fit}, l^iô. — Rky.noi.ds, par lui-.mkme. (Académie Royale.)
Fl(i. 317. — RaEBIRN. par LUI-Mf:ME
((Jalerie Sationale, à Êdimboiirf[ )