CHAPITRE XIV PEINTURE. - PÉRIODE MOYENNE
L'HISTOIRE de la peinture anglaise, depuis la destruction des couvents, où elle avait pris naissance, jusqu'au second quart du xvili siècle, est aussi celle d'une lutte contre l'envahissement des étrangers. En deux occasions, il est vrai, cet envahissement fut profitable. De grands artistes purent donner aux Anglais de bons exemples. Mais, d'une manière générale, les peintres qui vinrent en Angleterre n'auraient été, dans leur pays, que des médiocrités. Ils n'y furent attirés que par le lucre ; et la faveur des grands, qui les y maintint, fit penser aux peintres anglais que leur seule chance de succès était d'imiter leurs rivaux. Entre ceux-là et ceux-ci, il n'y eut aucune émulation. Il en résulta que l'on eut presque toujours l'incapacité d'un côté et le manque de sincérité de l'autre. A la fin du XVII siècle, la peinture anglaise trouva son sauveur en la personne de William Hogarth. Ce grand artiste fut aussi le type d'homme qu'il aurait fallu dans le principe. Il organisa la résistance et rassembla les forces que la Réformation avait dispersées. Par la parole, par la plume et par l'exemple, il prépara le public anglais a cette idée que l'art n'est pas exotique. Ses premiers portraits furent
PEISTVRE.
PERIODE MOYE.WE
FiG. 3i8. — -Mariage a la modk :
SCÈNK DE LA lOIEET'lE. PAR HoflARlU.
(A Li (ialerie Wtlioiialc)
une déclaration de guerre aux conventions banales qui s étaient solidement établies entre la mort de Lely et celle de Kneller. ils encouragèrent les peintres anglais à se montrer fidèles a leurs propres sentiments, à ne plus recourir a des formules mal comprises, venues d'ateliers continentaux sans renom. Maigre le contraste frappant qui existe entre leurs œu- .vres, on est presque tenté de comparer Hogarth a Watteau. L'un et l'autre comprirent que leurs compatriotes suivaient une fausse voie. Hogarth de propos délibéré, Watteau d'une manière moins consciente s efforcèrent pareillement de faire prendre à l'art de leur pays un caractère national, en lui donnant pour fondement leurs idées personnelles.
Hogarth naquit a Bartholomow Close, le 10 novembre 1697. 11 travailla d'abord chez un orfèvre et ne commença qu'a vingt et un ans à graver des planches de cuivre pour des libraires. En 1 730, il épousa la fille de Sir James Thornhill et se mit a peindre des portraits et les scènes de mœurs qui lui ont valu surtout sa célébrité. Vingttrois ans plus tard, l'artiste se fit écrivain. Son ^Analyse de la
Beauté, publiée en 1753, mérite plus d'attention qu'on ne lui en accorde. Nommé peintre de la Chambre du Roi en 1 757, Hogarth est mort en 1 764. Cet artiste fut le chef de ce qu'on pourrait appeler le mouvement préraphaélite du x\ m siècle.
j II eut en horreur les grâces vides de Kneller et voulut leur substituer des réalités.
FiG. 3iu. — Mahiage a la mode : c I f .. i J /^
;5on appel rut entendu. L>om-